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«Tomber amoureux dans la soixantaine, une expérience de conformité?

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Chloé Dauphinais : Centre de recherche de Montréal sur les inégalités sociales et les discriminations

Résumé de la communication

Dans la seconde moitié du 20e siècle, les transformations survenues dans la sphère conjugale ont mené à un éclatement des normes et des cadres jusque-là établis. Cette libéralisation des mœurs a eu pour effet de légitimer de nouvelles façons de « faire couple ».

Ces changements ont été étudiés chez les plus jeunes, alors même que la diversification des trajectoires conjugale s’étend aux différents âges de la vie. Qu’en est-il des expériences vécues plus tardivement dans le parcours de vie? Que peuvent-elles nous apprendre sur les normes sociales entourant la vie amoureuse et conjugale? Une nouvelle relation conjugale vécue plus tard dans la vie est-elle nécessairement libérée d’une certaine pression de devoir construire son avenir? L’instabilité conjugale et la complexification des vies amoureuses observées dans les dernières décennies sont-elles l’expression d’une moins grande importance du couple ou, au contraire, l’expression d’exigences accrues?

Cette présentation sera l’occasion d’explorer ces questions, je me baserai notamment sur les résultats de mon mémoire portant sur la (re)mise en couple vécue lorsqu’âgé∙e dans la soixantaine. Les attentes et représentations sociales entourant le couple seront donc aussi abordées au croisement des nouvelles injonctions entourant l’âge de la retraite. S’intéresser aux expériences et parcours de Baby-boomers permet de saisir un regard tant rétrospectif qu’actuel sur les normes conjugales.

Résumé du colloque

Les phénomènes pathologiques, de marge, d’exclusion, de déviance et de transgression ont été étudiés par la sociologie en tant que révélateurs des normes sociales. La délinquance, la folie et la pauvreté se sont érigées en objets privilégiés de ce que l’on a nommé la « sociologie de la déviance ». Ce type d’analyse du social a constitué une grande stratégie pour soulever la normativité : la considérer par son « envers ».

Bien que cette stratégie conserve sa pertinence, différents défis lui sont posés, tant sur le plan de la réalité des phénomènes concrets à saisir que devant l’affinement des cadres conceptuels qui cherchent à lire la normativité. La diminution de la référence aux interdits et la multiplication de repères « positifs » comme l’autonomie, la responsabilité, la performance, l’adaptation, la santé mentale composent aujourd’hui le climat normatif dans lequel évoluent les individus. Ces injonctions de conduite tendent à modifier les grilles de lecture de la normativité sociale et nous poussent à repenser différemment les formes d’action au quotidien.

Ce colloque propose de réfléchir à la normativité sociale dans son « endroit », et ce, à partir d’une diversité d’objets. Il s’agit ainsi d’une invitation à faire le pas vers une analyse sur le plan de la conformité en soulevant les différentes problématiques contemporaines qu’elle évoque : qu’est-ce qu’un « bon » patient? Qu’est-ce qu’une sexualité « épanouie »? Comment se conduit un jeune adolescent « exemplaire »? À « quoi performe » un individu performant? Qu’est-ce qu’une masculinité « saine »? De manière plus large, que peut nous apporter la sociologie des problèmes sociaux afin d’éclairer les conformités contemporaines? Plus encore, comment analyser la normativité sociale dans les phénomènes de normalité, c’est-à-dire en ajoutant l’étude de la conformité à l’étude de la marge ou de la transgression?

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 29 mai 2019

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