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Anne Grobet : Université de Genève
Modèle alternatif à l’enseignement de langue traditionnel, l’enseignement de langue orienté vers le contenu évite autant que possible de traiter le lexique de manière décontextualisée quand bien même l’objectif premier reste linguistique. Dans l’enseignement bilingue de disciplines non linguistiques, l’accent est en revanche mis sur la discipline mais les enseignants accordent une grande attention au vocabulaire qui garantit l’accès au contenu. Dans les deux cas, le traitement du lexique est donc subordonné à la transmission d’informations auxquelles il donne accès. Peut-on dès lors considérer qu’il y est identique? Nous nous proposons de répondre à cette question en nous appuyant sur l’analyse de données (manuels, entretiens et transcriptions d’interactions en classe) issues d’un projet de recherche dirigé par Laurent Gajo (Gajo et al. 2018). Il apparaitra que c’est principalement la relation au contenu qui différencie le traitement du lexique dans les deux contextes. Dans l’enseignement de langue, le contenu reste malgré tout un prétexte et les termes sont traités principalement au niveau du discours ordinaire ou de vulgarisation. En revanche, dans l’enseignement bilingue, les termes et les concepts qui leur sont associés sont régulièrement mis en relation avec leur paradigme disciplinaire, ce qui conduit à l’élaboration, à travers un discours didactique et spécialisé, d’un savoir validé par le curriculum.
Le vocabulaire joue un rôle majeur dans la réussite scolaire (Biemiller, 2011), non seulement en français, mais aussi dans les autres disciplines. La section Lexique de la Progression des apprentissages (MELS, 2009), de même que la liste orthographique pour le primaire (MELS, 2014) soulignent d’ailleurs une volonté ministérielle de valoriser l’enseignement du lexique au Québec. Les instructions officielles en France et en Belgique font elles aussi une large part à la question du lexique. Paradoxalement, le vocabulaire continue d’être peu enseigné au primaire et au secondaire (Dreyfus, 2004; Anctil, 2011), ce que confirment les résultats de récentes recherches portant respectivement sur les pratiques d’enseignement du vocabulaire au primaire (Anctil, 2018) et sur l’utilisation du dictionnaire par les enseignants du primaire et du secondaire (Tremblay, 2018). De plus, malgré le fait que ce volet de l’enseignement de la langue intéresse de plus en plus les didacticiens, les recherches menées en contexte francophone demeurent éparses et les publications scientifiques en français sur ce sujet sont relativement peu nombreuses (Nonnon, 2012). En ce sens, il nous paraît important de favoriser la mise en commun des travaux en didactique du lexique à l’intérieur d’une rencontre scientifique régulière réunissant des chercheurs québécois et européens, comme nous l’avons fait en 2015 et en 2017 dans le cadre de l’Acfas.
Nous reprendrons la structuration en quatre axes des colloques précédents : 1) lexique et contenus d’enseignement (choix des mots à enseigner, notions lexicales à l’étude, pertinence didactique des contenus, etc.); 2) enseignants et enseignement du lexique (pratiques, formation initiale et continue, etc.); 3) élèves et apprentissage du vocabulaire (disparités lexicales chez les élèves, évaluation de la compétence lexicale, besoins des élèves allophones, etc.); et 4) ressources pour l’enseignement du lexique (manuels, listes de mots, dictionnaire, littérature, etc.).
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