Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Bengt-Arne Wickström : Andrássy-Ubiversität Budapest
Les règlements linguistiques peuvent être analysés dans l’optique d’un ensemble de mesures politiques. Nous pouvons comparer les avantages qu’ils procurent aux locuteurs visés avec le coût de leur mise en œuvre, puis utiliser ces données pour décider de l’adoption d’une mesure. Nous procédons alors à une analyse coût-avantage de la politique linguistique. Il est aussi possible d’effectuer une analyse coût-efficacité. Quelle que soit l’approche privilégiée, la structure de coûts des mesures proposées demeure importante. 1) Les coûts liés à la planification du statut des langues sont fondamentalement indépendants du nombre de bénéficiaires et de leur répartition géographique. 2) Les coûts relatifs à l’acquisition d’une langue sont plus ou moins proportionnels à ces deux facteurs. Dans le cadre d’un budget limité, l’efficacité de la planification du statut des langues comparativement à celle de l’acquisition d’une langue s’accroît en fonction de la taille de la communauté des bénéficiaires et de l’étendue de leur habitat. Autrement dit, pour générer des retombées dans une petite communauté concentrée sur le plan spatial, il serait judicieux, dans une perspective budgétaire, de consacrer plus d’efforts à la planification de l’acquisition d’une langue qu’à la planification du statut des langues. Dans le présent exposé, nous examinons systématiquement des politiques linguistiques optimales conformément aux points de vue exprimés ci-dessus.
C’est dans la foulée des travaux menés par la Commission royale d'enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme, débutés en 1963, que le gouvernement canadien adopte en 1969 la Loi sur les langues officielles (LLO). Près de vingt ans plus tard, en 1988, une nouvelle LLO est adoptée afin de préciser plusieurs éléments de la première, de renforcer sa mise en œuvre et d’ajouter notamment la partie VII, dans laquelle le gouvernement « s’engage à favoriser l’épanouissement des minorités francophones et anglophones du Canada et à appuyer leur développement ». Alors que la première LLO exprimait une vision individualiste des droits linguistiques, la partie VII apporte une perspective collective aux droits linguistiques.
Après 50 ans de mise en œuvre, le temps est propice pour faire un bilan de la LLO au regard des objectifs de la Loi, des aspirations et de l’évolution des communautés de langue officielle en situation minoritaire (CLOSM). Il l’est d’autant plus qu’au printemps 2019 quatre consultations et études sont menées afin de réfléchir à la « modernisation » de la LLO. C’est le Comité sénatorial permanent sur les langues officielles qui a entrepris une première étude en 2017, étude qui est toujours en cours. Le commissaire aux LO du Canada a mené une consultation en 2018, suivi du Comité permanent sur les langues officielles à l’automne 2018. Puis, Patrimoine canadien et la ministre du Tourisme, des Langues officielles et de la Francophonie ont amorcé une série de consultations en mars 2019 en organisant des forums partout au pays.
Dans le cadre du premier Forum, qui s’est tenu à Moncton, le 12 mars 2019, maître Michel Bastarache disait qu’il avait l’impression que « de plus en plus, la question des langues au Canada en est une qui intéresse presque exclusivement les francophones hors Québec ». Le contexte linguistique actuel au Canada contraste donc avec celui des années 1960, alors que le nationalisme québécois montant était perçu comme une menace à l’unité nationale.
Quel est donc le contexte politique actuel dans lequel se déroulent ces consultations et ces réflexions si on le compare à celui qui a donné naissance à la LLO? Quel effet peut entraîner ce contexte sur les résultats des consultations en cours et la modernisation de la LLO? Quelles sont les attentes, les visions et les aspirations des représentants et des citoyens des CLOSM à l’égard de la LLO et de sa mise en œuvre? Comment concevoir ces aspirations dans le cadre élargi des droits linguistiques au Canada, incluant les provinces et les territoires ainsi que le projet de loi sur les langues autochtones?
C’est pour mener cette réflexion et stimuler des échanges que nous souhaitons organiser ce colloque multidisciplinaire qui réunira des experts nationaux provenant de plusieurs disciplines et des intervenants qui font face quotidiennement aux défis que pose le contexte minoritaire.
English program : http://www.concordia.ca/cuevents/artsci/scpa/quescren/2019/05/28/50-years-OLA-Acfas.html
Titre du colloque :