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Urgences planétaires : urgences de mise en mots, de mise en sens, de mis en liens et de mises en actes

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Louise Vandelac : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

« Notre avenir est celui de la planète » scandent des centaines de milliers de jeunes manifestants. Comment ne pas réaliser la surchauffe du climat et l’érosion de la biodiversité amplifiant les extrêmes climatiques, les dépassements des limites planétaires et l’emballement des grands cycles biogéochimiques, tout en accélérant l’érosion des conditions de régénération des êtres et de l’engendrement humain, nous mettant ainsi au double péril de nous-mêmes ? Et comment ignorer que l’Écocide et l’Anthropocide érodant le corps de la planète, le corps humain, le corps social et le corps de la pensée, carburent aux mirages d’infinie croissance économique? Repenser le sens et les liens entre l’écologie et l’économie, en replongeant aux racines de l’Oikos, s’impose alors d’évidence. Tout comme s’impose l’analyse des filières énergétiques et agroalimentaires, facteurs clés des ravages socio-écologiques, dont l’hyper concentration, au rythme des tangos avec les États, menace parfois les démocraties. Ce colloque explorera ces deux filières, leurs convergences et spécificités, questionnant les paradigmes à l’œuvre tout en dessinant, à la lumière de stimulantes initiatives terrain, de nouvelles approches. Mais, pour être à la hauteur des déferlantes annoncées, la mise en démocratie de ces enjeux au plan national et international exige également la création de dispositifs novateurs de recherche, mettant l’écologie au cœur de l’action publique et de l’architecture même de l’État.

Résumé du colloque

Devant les crises enchevêtrées du climat, de la biodiversité et des extrêmes climatiques ouvrant de menaçants horizons d’emballement des grands cycles biogéochimiques de la planète, quelles sont les recherches, les politiques et les stratégies démocratiques à privilégier pour réduire, d’urgence, l’empreinte énergétique et agroalimentaire? L’érosion accélérée de la biodiversité conduisant à notre fulgurante entrée dans la sixième extinction de la planète, ponctuée par une réduction de 60% des populations d’espèces sauvages en 45 ans (WWF, 2018), témoigne à la fois des impacts des énergies fossiles, de ceux de l’industrie agroalimentaire et de leurs interrelations. Si la limitation draconienne des énergies carbonées au profit d’énergies alternatives s’impose alors d’évidence, s’imposent également de sérieuses remises en question des modèles agroalimentaires dominants. Mais de telles transformations exigent de solides analyses des enjeux socioéconomiques et politiques afin d’élaborer des stratégies de transition viables, réalistes et démocratiques doublées de politiques appropriées. Comment amorcer des transitions d’une telle ampleur sans un véritable travail de mise en démocratie, permettant d’inscrire ces enjeux à l’intersection des sphères du savoir, de la gouvernance, de l’innovation scientifique et sociale ainsi que des pratiques et usages des citoyens. C’est sous un double éclairage France-Québec, de recherches menées d’une part sur la transition énergétique, notamment dans les filières de l’éolien et de l’hydrogène, par les chercheurs du programme, TETHYS (transition énergétique, territoires, hydrogène et société), financé par l’Agence nationale de la recherche (ANR) en France et menées d’autre part sur la transition agroalimentaire par des équipes du CREPPA de l’UQAM, le Collectif de recherche écosanté sur les pesticides, les politiques et les alternatives, une équipe FQRSC, que se déploieront les réflexions croisées de ce colloque.

Les menaces d’écocide, accélérées par la flambée sans précédent des écarts socioéconomiques, amplifiées par la montée en puissance de régimes politiques autoritaires, procarbone voire climatosceptiques, et par une concentration inégalée de l’agroalimentaire, imposent une réflexion approfondie, sur le plan autant de la recherche que des politiques, sur les exigences de renouvellement démocratique des transitions énergétiques et agroalimentaires. C’est ce qu’entend explorer ce colloque, réunissant sous un même chapeau, lors d’une ouverture commune élargie, ces équipes liées par une entente cadre UQAM-UNICAEN. Ces questions seront ensuite déclinées par l’équipe françaises ANR (Normandie-Bourgogne projet hydrogène et démocratisation de la transition), et par l’Équipe québécoise du CREPPA. Ce colloque, sous les auspices de la Commission canadienne pour l’UNESCO et de l’Agence nationale de la recherche en France, accueillera des invités de marque, notamment d’instances de recherche françaises, québécoises et canadiennes, et du Club de Rome.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 29 mai 2019

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