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Gina Thésée : UQAM - Université du Québec à Montréal
Cette réflexion conceptuelle saisit l’opportunité du cinquantième anniversaire (1968 – 2018) de deux événements majeurs dans la vie de deux figures marquantes du vingtième siècle, deux humanistes critiques socialement engagés : Paulo Freire et Martin Luther King Junior. Le 4 avril 1968, Martin Luther King Jr. était assassiné à Memphis au Tennessee, cinq ans après avoir prononcé son célèbre discours « I Have a Dream ». De son côté, Freire, exilé au Chili, rédigeait la version manuscrite de son livre phare « Pedagogia do Oprimido », en portugais, « Pédagogie des Opprimés » dans sa publication française. À partir de ce que nous considérons comme un « dialogue imaginaire », nous explorons la notion d’« Utopie » chez Freire, comme un rêve projeté et la notion de « Rêve » chez Luther King, comme une utopie en action. Leur dialogue imaginaire est à la fois éthique, critique et politique : i) éthique par leur utopie et leur rêve en action; ii) critique par leur dénonciation de l’oppression due aux violences telles les injustices sociales, la pauvreté, le racisme et le militarisme; iii) politique par leur engagement citoyen et leur action sociale. Leur dialogue imaginaire s’inscrit dans le présent de nos sociétés par leurs « paroles de dénonciation », mais s’inscrit déjà dans le futur de nos sociétés par leurs « paroles d’annonciation ». Ainsi, nous voyons dans ce dialogue imaginaire de Freire et de Luther King un modèle possible d’éducation transformatoire.
L’année 2019 est déclarée « année internationale des langues autochtones » par l’ONU. Cette initiative fait écho à sa résolution sur les droits des peuples autochtones ainsi qu’aux valeurs de l’UNESCO et à sa mission éducative via l’Agenda 2030. Elle vise « la protection des droits humains, la consolidation de la paix et du développement durable, en assurant la diversité culturelle et le dialogue interculturel » (ONU, 2016). Dans ce contexte mondial, et en écho au thème du Congrès 2019 de l’ACFAS, deux Chaires UNESCO organisent un colloque conjoint sous le signe de l’éducation transformatoire par le dialogue : la Chaire UNESCO en « transmission culturelle chez les premiers peuples dans une dynamique de mieux-être et d’empowerment » (TCPPDMEE) de l’UQAC et la Chaire UNESCO en « démocratie, citoyenneté mondiale et éducation transformatoire » (DCMÉT) de l’UQO. L’Outaouais est fortement marqué par la présence autochtone, dont celle des Algonquins qui, d’ailleurs, n’ont jamais cédé leur souveraineté sur ce territoire. À Gatineau, le musée de l’histoire est l’œuvre de l’architecte autochtone Douglas Cardinal. Des initiatives témoignent de la transformation des relations entre Autochtones et Allochtones dans plusieurs domaines : arts, éducation, littérature, gouvernance, mouvements sociaux et médias. Or, on constate actuellement une forte résistance (populaire, politique et médiatique) face à la diversité. Des discours xénophobes sont exprimés ouvertement contre les peuples autochtones, les communautés racisées et les mouvements migratoires. Notre but est d’aborder ces enjeux liés à la persistance systémique des racismes, des colonialismes, des injustices et des inégalités sociales. Le colloque réunira divers acteurs sociaux, autochtones et allochtones, pour un dialogue contre-hégémonique mené dans un esprit de conciliation, sur la diversité des identités et des citoyennetés, selon trois axes thématiques : langues et cultures, savoirs et pratiques de transmission, et mouvements sociaux.
Titre du colloque :