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À la recherche d’un régime de rapports collectifs de travail favorisant l’exercice véritable des droits syndicaux des travailleuses domestiques : quelques inspirations nord-américaines

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Anne-Julie Rolland : Centrale des syndicats du Québec

Résumé de la communication

Il est bien documenté que les travailleuses domestiques rencontrent plusieurs obstacles lorsqu’elles tentent de se syndiquer en mobilisant les régimes institutionnalisés de rapports collectifs de travail. Au Québec, ces travailleuses sont exclues de facto du champ d’application du Code du travail puisque les postulats sur lesquels celui-ci s’appuie font en sorte de le rendre inadéquat à la réalité du travail domestique, hautement féminisé et souffrant d’invisibilité économique et sociale. Nous proposons de soulever des pistes de solutions face au vide juridique dans lequel se retrouvent les travailleuses domestiques en matière de régulation des rapports collectifs de travail. Pour ce faire, à l’aide d’un modèle triptyque développé par l’auteur Rodrigue Blouin, trois régimes particuliers de syndicalisation nord-américains existant en marge du modèle Wagner dans le secteur de la garde d’enfants et des soins et des services à domicile seront présentés. Cet exercice permettra de déterminer certaines caractéristiques que pourrait revêtir un régime adapté aux travailleuses domestiques au Québec.

Résumé du colloque

La question du care fait l’objet d’un nombre croissant de travaux en sciences humaines et sociales. La notion fait également l’objet de débats sur le plan de sa conceptualisation (Bourgault et Perreault, 2015) et de ses enjeux au sein des milieux féministes de recherche et de pratique. Cet intérêt peut s’expliquer, d’une part, par la croissance des besoins de services attribuable à une plus grande longévité de la population et, d’autre part, par les restructurations néolibérales des services publics. L’intensification du travail de care réalisé dans le cadre des services publics (Bourque et Grenier, 2016) se conjugue avec son externalisation, malgré la complexification des soins. Ainsi le travail de care se réalise-t-il de plus en plus sous l’égide de prestataires privés gérant une panoplie de formes d’emploi déqualifié et précaire (Boivin, 2017). Le retrait de l’État social accroît aussi la charge pour les personnes proches aidantes s’occupant de personnes âgées, d’enfants ou d’adultes vivant avec un handicap. Elles doivent souvent déployer des compétences habituellement détenues par le personnel professionnel du réseau public de la santé et des services sociaux (Des Rivières-Pigeon et Courcy, 2014). Ce sont encore majoritairement des femmes qui réalisent ce travail de care intensifié, dévalué et socialement assigné, dont des femmes racisées et migrantes qui peuvent vivre des situations de travail non libre (Galerand et Gallié, 2018) et des désavantages structurels résultant des rapports Nord-Sud et des politiques migratoires (Blackett, 2011). Ces transformations du travail de care posent avec acuité l’enjeu de la division sexuelle, raciale et internationale du travail (Damamme et Hirata, 2017; Nakano Glenn, 2009), de même que celui de la capacité d’action collective des travailleuses du care. Ce colloque vise le partage et la diffusion des résultats de recherche de chercheuses et d’étudiantes ayant entamé une réflexion interdisciplinaire sur le travail de care et ses objets connexes au chantier de recherche Travail (domestique, professionnel, militant et ses divisions) du Réseau québécois en études féministes (RéQEF).

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 30 mai 2019

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