Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Khaled Kchouk : Université d'Ottawa
Sur les applications de rencontre, la racialisation des corps est omniprésente dans les interactions quotidiennes des participants racisés (issus de l’immigration et/ou de la diversité). À partir des données recueillies lors de ma recherche, je questionne les divers positionnements des HARSAH racisés sur les applications de rencontre. Dans le cadre de cette communication, j’explorerai particulièrement la manière dont les répondants racisés de mon enquête font l’expérience du racisme sexuel et d’une exclusion ethnoculturelle/religieuse. En mettant en exergue l’articulation des dimensions de l’homonationalisme en termes d’oppressions et d’expérience migratoire dans le vécu des HARSAH racisés, je propose une analyse mixte intersectionnelle des réponses de 245 participants, sondés sur leur expérience du racisme sexuel lors d’interactions in vivo de dating. Cette étude vise à démontrer que le quotidien des migrants HARSAH racisés, particulièrement les demandeurs d’asile, constitue, en réalité, une quête de survie qui influence ipso facto leurs stratégies de gestion d’enjeux réputés propres à la communauté LGBTQI2A+(protection de l’intégrité physique et morale, modalités d’accès aux services communautaires, etc.). Ces résultats nous permettront de réfléchir, à partir de la marge, aux enjeux auxquels sont confrontés les HARSAH racisés, à savoir la négociation avec les corps blancs dans les pays d’accueil et la volonté d’être accepté dans sa communauté d’appartenance.
S’inscrivant dans une perspective intersectionnelle et critique, ce colloque met de l’avant les parcours multiples et complexes qui sont partagés par des personnes LGBTQ migrantes, réfugiées et/ou issues de la diversité ethnoculturelle. Dans un contexte social où les normes de genre et de sexualité associées aux immigrants tendent à être reléguées au conservatisme et à la répression et celles des sociétés occidentales au libéralisme et à l’émancipation, il semble important de réfléchir sur cette tension telle qu’elle se répercute véritablement dans le parcours des personnes migrantes et racisées qui s’identifient comme LGBTQ. En plus de remettre en question et de potentiellement participer à une reconceptualisation du récit dominant de l’« identité gaie », lequel repose historiquement sur des présomptions fortes de visibilité et de « sortie du placard », la mise en lumière des parcours de ces personnes vivant à l’intersection de multiples axes d’oppression fait apparaître la compréhension qu’elles ont d’elles-mêmes, de leurs identités et de leurs pratiques. Les personnes migrantes et/ou racisées qui revendiquent une identité LGBTQ+ ou toute forme de sexualité non normative ne peuvent être réduites à de simples modèles d’assimilation de la culture occidentale dominante alors que leurs revendications identitaires émergent de dynamiques de pouvoir complexes qui s’inscrivent à l’intersection de la migration et des transformations culturelles que cette dernière provoque souvent. Ces réflexions sont également soutenues par le souci de ne pas homogénéiser les vécus de ces personnes, alors que certaines, comme les femmes trans racisées, connaissent des parcours difficiles et peu étudiés. Ce colloque permet un espace d’échange et de discussion entre personnes concernées, chercheur.se.s, militant.e.s et allié.e.s afin de nuancer le cadre d’interprétation encore trop fortement dichotomique, impensé ou invisible du parcours des personnes migrantes et de minorités sexuelles.
Titre du colloque :
Thème du colloque :