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Alternance, ingénierie, professionnalisation : effet de mode, concepts intégrateurs ou reliances fécondes ?

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Philippe Maubant : Université de Sherbrooke

Résumé de la communication

L’alternance connaît présentement un regain d’intérêt. Tour à tour méthode ou modèle pédagogique, figure emblématique d’une injonction à rapprocher l’école de l’entreprise, expression d’une formation professionnelle idéalisée, l’alternance semble s’imposer progressivement comme une condition de réussite de la mise en œuvre de parcours de professionnalisation. Quant à l’ingénierie, son engouement de la part des différents acteurs des formations professionnalisantes ne se dément pas, même si les modèles d’ingénierie semblent se centrer davantage aujourd’hui sur les situations et processus d’apprentissage. En formation des adultes, l’usage récurrent de concepts ou de construits peut se réduire à un simple effet de mode ou à des éléments de langage nécessaires pour soutenir la qualité de l’offre de formation. Or, il nous semble utile d’examiner et d’analyser les sens de ces différents termes et de mettre en évidence leurs capacités à s’inscrire dans un système pédagogique à inventer. Nous considérons que mobiliser (à nouveau) le concept d’alternance requiert d’en examiner ses différents sens et ses multiples usages. Nous proposons de souligner les différentes articulations possibles entre ce concept et ceux convoqués plus récemment dans les discours et dans les pratiques visant la professionnalisation des parcours de formation. En caractérisant les formes variées, nous invitons à relier alternance, ingénierie et professionnalisation à la lumière des théories de l’apprentissage.

Résumé du colloque

Les formations professionnalisantes, dont les formations à l’enseignement font partie, peuvent être conçues selon plusieurs modalités. Entre des formations centrées sur les compétences purement universitaires et des formations s’intéressant principalement aux compétences non universitaires, de nombreuses ingénieries de formation ont vu le jour durant les dernières décennies, l’alternance et l’apprentissage par situations en étant deux exemples emblématiques. Mais l’organisation de l’alternance varie fortement d’une institution à l’autre. Ainsi, si certaines écoles organisent la formation pratique autour de quelques semaines de stage par année, d’autres proposent une formation en cours d’emploi qui place l’expérience au centre du dispositif. Les intentions de formation aussi divergent grandement, la place de la réflexivité individuelle variant fortement que l’on se trouve dans un modèle à compétence minimale ou dans un modèle à professionnalisme ouvert.

Pour que l’expérience devienne expérimentation ou pour que le savoir universitaire puisse être mobilisé dans une situation, un travail de médiatisation est nécessaire. Mais l’analyse de pratiques, nécessaire à ce travail de médiatisation, ne se fait que difficilement seul et l’accompagnement, mis au service de la création des liens théorie-pratique, s’est imposé dans la plupart des formations professionnalisantes.

Ainsi, pour que la formation et l’évaluation soient efficacement mises au service des ingénieries de l’alternance à visée professionnalisante, il est légitime de se questionner sur les formes de formation ainsi que sur l’objet de l’évaluation.

L’objet de ce colloque est de se demander comment les savoirs de la pratique, pour la pratique et sur la pratique sont proposés et utilisés dans les formations professionnelles en alternance, ce qui fait l’objet de l’évaluation et en dicte les modalités, et de se demander quels en sont les effets sur la professionnalisation des acteurs.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
Discutant-e- de la session : Christophe Gremion
section icon Date : 30 mai 2019

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