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Anne Sardier : Université Clermont Auvergne
Peu de travaux proposent des dispositifs d’enseignement du lexique mettant en œuvre une approche intégrée des différentes dimensions du système linguistique. Or, les mots n’étant pas des unités isolées, l’organisation du lexique est déterminante pour l’apprentissage. En effet, il faut prendre en compte simultanément les différentes facettes d’une lexie, tant au niveau du syntagme, du paradigme que du sens. Nous faisons l’hypothèse que des dispositifs intégrant ces diverses facettes permettent non seulement l’accroissement du vocabulaire des élèves, mais aussi la mise en place d’opérations cognitives transférables à l’appropriation de nouvelles unités.
C’est ainsi que nous proposons deux dispositifs intégratifs : le mot vedette, axé sur la dimension syntaxique et des mots amis, axé sur la dimension syntagmatique. L’entrée dans chaque dispositif se fait à partir du sens d’un seul mot (le mot vedette) ou de plusieurs (des mots amis). Notre choix s’est porté sur les verbes, moins souvent étudiés que les noms. Nous avons sélectionné des verbes appartenant à deux classes sémantiques : les « verbes de soutien » (supporter, (se) charger, (s’)occuper) et les « verbes d’altération » (briser, hanter, ronger). L’expérimentation a concerné à chaque fois deux classes de fin d’école primaire (9-11 ans). La comparaison entre les deux mises en œuvre s’effectuera par l’analyse de productions écrites afin de savoir sur quels aspects de la compétence lexicale chaque dispositif produit ses effets.
Le vocabulaire joue un rôle majeur dans la réussite scolaire (Biemiller, 2011), non seulement en français, mais aussi dans les autres disciplines. La section Lexique de la Progression des apprentissages (MELS, 2009), de même que la liste orthographique pour le primaire (MELS, 2014) soulignent d’ailleurs une volonté ministérielle de valoriser l’enseignement du lexique au Québec. Les instructions officielles en France et en Belgique font elles aussi une large part à la question du lexique. Paradoxalement, le vocabulaire continue d’être peu enseigné au primaire et au secondaire (Dreyfus, 2004; Anctil, 2011), ce que confirment les résultats de récentes recherches portant respectivement sur les pratiques d’enseignement du vocabulaire au primaire (Anctil, 2018) et sur l’utilisation du dictionnaire par les enseignants du primaire et du secondaire (Tremblay, 2018). De plus, malgré le fait que ce volet de l’enseignement de la langue intéresse de plus en plus les didacticiens, les recherches menées en contexte francophone demeurent éparses et les publications scientifiques en français sur ce sujet sont relativement peu nombreuses (Nonnon, 2012). En ce sens, il nous paraît important de favoriser la mise en commun des travaux en didactique du lexique à l’intérieur d’une rencontre scientifique régulière réunissant des chercheurs québécois et européens, comme nous l’avons fait en 2015 et en 2017 dans le cadre de l’Acfas.
Nous reprendrons la structuration en quatre axes des colloques précédents : 1) lexique et contenus d’enseignement (choix des mots à enseigner, notions lexicales à l’étude, pertinence didactique des contenus, etc.); 2) enseignants et enseignement du lexique (pratiques, formation initiale et continue, etc.); 3) élèves et apprentissage du vocabulaire (disparités lexicales chez les élèves, évaluation de la compétence lexicale, besoins des élèves allophones, etc.); et 4) ressources pour l’enseignement du lexique (manuels, listes de mots, dictionnaire, littérature, etc.).
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