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Catho-laïcité, anti-multiculturalisme et exotisation : Le racisme des nationalismes sexuels et genrés québécois

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Stéphanie Gingras-Dubé : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Plus de 10 ans après que Jasbir Puar (2007) ait publié un ouvrage d’influence introduisant le concept d’homonationalisme, les discours sur lesquels elle a attiré l’attention n’ont été que peu étudiés dans le Québec francophone. Dans le cadre d’un mémoire en sociologie, j’ai parcouru 284 articles publiés entre 2013 et 2018 provenant de cinq médias d’information traitant des questions LGBTQ au Québec. J’ai effectué une analyse critique des discours représentant la nation québécoise en termes de sexualités et de genres. J’ai analysé comment les mêmes discours qui (re)produisent l’inclusion homonormative (re)produisent le racisme, pour tracer un portrait de la patrouille des frontières du Québec s’appuyant sur les droits LGBTQ et la « tolérance ».

Je montrerai comment, dans mon échantillon, les personnes blanches sont placées au centre du Québec interculturel et comme victimes d’oppression dans le Canada multiculturel. J’aborderai ensuite les débats tels que ceux entourant la charte des valeurs et analyserai comment l’identité nationale est façonnée par leur médiatisation. Une des conclusions de cette analyse est le fait que le «nous» québécois est blanc et d’héritage catholique et l’«autre» qui dérange est souvent musulman.e. Finalement, je relèverai un phénomène particulier que l’on retrouve dans les articles des médias gais, soit l’exotisation et la sexualisation des populations non occidentales.

Résumé du colloque

S’inscrivant dans une perspective intersectionnelle et critique, ce colloque met de l’avant les parcours multiples et complexes qui sont partagés par des personnes LGBTQ migrantes, réfugiées et/ou issues de la diversité ethnoculturelle. Dans un contexte social où les normes de genre et de sexualité associées aux immigrants tendent à être reléguées au conservatisme et à la répression et celles des sociétés occidentales au libéralisme et à l’émancipation, il semble important de réfléchir sur cette tension telle qu’elle se répercute véritablement dans le parcours des personnes migrantes et racisées qui s’identifient comme LGBTQ. En plus de remettre en question et de potentiellement participer à une reconceptualisation du récit dominant de l’« identité gaie », lequel repose historiquement sur des présomptions fortes de visibilité et de « sortie du placard », la mise en lumière des parcours de ces personnes vivant à l’intersection de multiples axes d’oppression fait apparaître la compréhension qu’elles ont d’elles-mêmes, de leurs identités et de leurs pratiques. Les personnes migrantes et/ou racisées qui revendiquent une identité LGBTQ+ ou toute forme de sexualité non normative ne peuvent être réduites à de simples modèles d’assimilation de la culture occidentale dominante alors que leurs revendications identitaires émergent de dynamiques de pouvoir complexes qui s’inscrivent à l’intersection de la migration et des transformations culturelles que cette dernière provoque souvent. Ces réflexions sont également soutenues par le souci de ne pas homogénéiser les vécus de ces personnes, alors que certaines, comme les femmes trans racisées, connaissent des parcours difficiles et peu étudiés. Ce colloque permet un espace d’échange et de discussion entre personnes concernées, chercheur.se.s, militant.e.s et allié.e.s afin de nuancer le cadre d’interprétation encore trop fortement dichotomique, impensé ou invisible du parcours des personnes migrantes et de minorités sexuelles.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 30 mai 2019

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