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Ce n’est pas pour créer des familles heureuses : Enjeux liés aux contacts directs pour les adoptés en contexte de protection de l’enfance à New South Wales (Australie)

HW

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Harriet Ward : University of Oxford

Résumé de la communication

Cette communication explore les conséquences de contacts directs réguliers et obligatoires entre des enfants adoptés en contexte de protection de l’enfance et des membres de leur famille d’origine. Les résultats d’une étude sur les adoptions réalisées à New South Wales en Australie seront présentés. Les données sont issues d’un questionnaire en ligne, complété par 93 adoptés et/ou leurs parents adoptifs, en moyenne 18 ans après l’arrivée de l’enfant dans la famille, ainsi que d’entrevues semi-structurées avec 41 adoptés et parents adoptifs. Soixante-seize (76) des adoptés ont eu des contacts post-adoption avec au moins un de leurs parents d’origine. Ces contacts étaient souvent problématiques et environ la moitié des adoptés y ont mis fin. Néanmoins, le maintien de ces contacts les a aidés à faire la paix avec leur histoire passée et leur situation actuelle.

Les contacts ont permis aux adoptés d’atteindre un sentiment de bien-être à l’âge adulte par l’accomplissement de tâches, telles que développer un attachement sécurisant avec leurs parents adoptifs tout en maintenant un lien avec leur famille d’origine; comprendre les limites de leurs parents d’origine tout en acceptant leur relation; établir une identité solide tout en refusant d’être définis par leurs expériences passées. Des retombées sur le plan des politiques et des pratiques en ce qui concerne le recrutement, la formation et le soutien à long terme pour les parents adoptifs seront discutées.

Résumé du colloque

Au Québec, au cours des 5 dernières années, en moyenne 260 adoptions québécoises et 190 adoptions internationales ont été prononcées annuellement (bilan des DPJ/DP, 2014-2018; SAI, 2018). Ces chiffres ne tiennent pas compte des adoptions intrafamiliales pour lesquelles il n’existe aucune statistique officielle. Jusqu’à récemment, l’adoption au Québec n’existait que sous forme plénière, c’est-à-dire que la filiation adoptive avait pour effet définitif et irréversible de rompre la filiation d’origine (Roy, 2010). Depuis le 16 juin 2018, de nouvelles dispositions législatives en matière d’adoption (projet de loi no 113) sont entrées en vigueur, introduisant des changements majeurs, dont : une adoption avec reconnaissance des liens de filiation préexistants, la possibilité de convenir d’une entente de communication entre la famille adoptive et la famille d’origine après l’adoption et la levée de la confidentialité absolue des dossiers d’adoption. Ces modifications visent à moderniser l’appareil juridique afin de mieux répondre à la réalité et aux besoins des personnes adoptées, notamment en ce qui a trait à l’accès à leurs origines (Ouellette et Saint-Pierre, 2008; Tendron et Vallée, 2007) et à l’importance de l’ouverture communicationnelle des parents adoptifs par rapport à l’adoption (Brodzinsky, 2005, 2006; Grotevant et al., 2011; Neil, 2009). Or, ces changements suscitent plusieurs préoccupations chez les postulants à l’adoption, les familles adoptives ainsi que les professionnels. Dans quelles situations l’adoption avec reconnaissance des liens de filiation préexistants sera-t-elle privilégiée? Quel sera l’effet des ententes de communication sur les jeunes adoptés en contexte de protection de la jeunesse? Comment seront accompagnés les jeunes adoptés de 14 ans et plus qui pourront obtenir de l’information sur leurs parents d’origine sans le consentement de leurs parents adoptifs? Comment les professionnels seront-ils formés pour faire face à ces nouvelles réalités?

Le présent colloque vise à fournir un lieu de réflexion et d’échanges sur les enjeux et les retombées concrètes du projet de loi no 113 pour les personnes adoptées, les familles adoptives et les professionnels de l’adoption du Québec. La présence de conférenciers de différents horizons (chercheurs, étudiants, professionnels de l’adoption, représentants d’organisations civiles ou communautaires) permettra de réfléchir aux enjeux actuels et aux défis à venir pour tous les acteurs concernés. Afin d’alimenter les discussions, des conférenciers provenant tant du Québec que de l’extérieur de la province seront présents lors de cette journée. Ce colloque sera l’occasion de prendre connaissance de résultats de recherche et de considérer les expériences et les pratiques, provenant du Québec et d’ailleurs, en vue de guider la mise en application des changements apportés par le projet de loi no 113 en adoption au Québec.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 30 mai 2019

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