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C'est Musset qu'on assassine! Sur les déterminants cognitifs et normatifs des adaptations discursives

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Bertrand Labasse : Université d'Ottawa

Résumé de la communication

« Un Nom de la rose pour les incultes » s’alarmait le site d’un hebdomadaire à l’annonce d’une révision du roman d’Umberto Eco (Alféef, 2011). La modestie de cette révision a infirmé les craintes qu’elle avait suscitées, mais leur vigueur a priori témoigne des tensions qui accompagnent usuellement la production et la réception des adaptations discursives.

Le fait que de telles tensions puissent se remarquer dans des contextes éditoriaux aussi éloignés que la traduction de récits fictionnels, le journalisme scientifique, la « mise à jour » d’œuvres patrimoniales ou encore leur adaptation cinématographique incite à se demander si ces contextes les rendent incomparables par essence ou si, au contraire, des logiques similaires peuvent être discernées au sein de ces différentes situations d’adaptation.

On se propose ici de développer la seconde hypothèse en avançant que - contingences graphiques ou technologiques mises à part - toutes les pratiques qui visent à adapter des discours sources à des publics culturellement ou générationnellement nouveaux recourent, derrière leur apparente diversité, à un nombre fini, voire restreint, de remaniements discursifs possibles, et que ceux-ci reviennent à repondérer de façon caractéristique deux dimensions fondamentales de l’appréciation des textes : leur pertinence cognitive (Sperber et Wilson, 1989) et leur convenance sociale.

Résumé du colloque

Nous retrouvons l’adaptation de textes sous une multitude de formes et nous y avons recours dans plusieurs domaines différents. Pour certains, l’adaptation de textes est un processus de reterritorialisation du texte de départ (Brisset, 1986). D’autres la définissent comme une forme de naturalisation visant à produire le même effet que l’original (Santoyo, 1989). L’adaptation Web, pour sa part, suppose la révision et la modification de l’ensemble des aspects communicationnels d’un document (Kavanagh, 2007). S’il peut être utile de dresser une typologie de l’adaptation de textes, nous devons tenir compte du fait qu’elle se moque bien de la sempiternelle fidélité absolue à l’original : dans tous les cas, elle sollicite la créativité du langagier, qu’il soit rédacteur ou traducteur. Cette activité est donc davantage de l’ordre de la recréation que de la traduction ou de la rédaction. Cependant, adaptation de textes ne saurait rimer avec liberté inconditionnelle. En effet, c’est l’existence de limites qui permet la définition d’un espace de l’adaptation et, par là même, de l’activité rédactionnelle ou traduisante. Les règles servent de tremplin à la création au sein de limites préétablies.

Ce colloque aimerait susciter une prise en compte des dimensions culturelle et interdisciplinaire de l’adaptation de textes. En effet, celle-ci s’impose de façon différente selon les domaines, les situations et les cultures. Dès lors, le défi est double, car il faut négocier l’adaptation entre un contexte global et territorial.

Ce colloque interdisciplinaire invite des communications sur l’adaptation de textes (depuis ou vers le français et l’anglais si le thème est la traduction) dans les domaines littéraire ou pragmatique : adaptation cinématographique, traduction théâtrale, publicitaire ou audiovisuelle, vulgarisation de textes scientifiques ou techniques, adaptation Web, rédaction devant tenir compte de supports choisis, de publics visés ou de contraintes éditoriales, etc.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 30 mai 2019

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