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Collectionner des chorégraphies au MoMA

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Jean-Michel Quirion : UQO - Université du Québec en Outaouais

Résumé de la communication

Entre 1930 et 1940, le Museum of Modern Art (MoMA) de New York acquiert des documents d’archives portant sur la danse et il instaure des départements de conservation voués à la gestion de ce fonds pour sporadiquement en présenter des expositions. À partir des années 1960, l’institution intègre progressivement des représentations de danse moderne, post-moderne et contemporaine dans ses salles. Depuis 2010, par ailleurs, le MoMA manifeste un intérêt encore plus marqué pour la diffusion de la danse, ce qui se traduit à travers ses expositions événementielles, ses activités ponctuelles et ses acquisitions. La muséalisation de chorégraphies historiques, afin de célébrer d’illustres figures telles qu’Yvonne Rainer et Simone Forti, inscrit la danse sous toutes ses formes au Musée. Parallèlement, la danse se destine également de plus en plus à l’institution, par les modes de transmission que sont la reconstitution et la délégation.

Cette communication considèrera plus particulièrement le programme d’acquisition instauré par le MoMA, via son département Media and Performance, pour collectionner en prévision de reconstitutions, des chorégraphies et des archives de Rainer et de Forti. Dans le cadre du récent projet rétrospectif Judson Dance Theater: The Work Is Never Done (2018-2019), le MoMA a démontré l’efficacité des modalités d’acquisition et de diffusion de la danse qu’il a ainsi mises en place.

Résumé du colloque

Les « nouveaux usages des collections » regroupent un ensemble de pratiques muséales qui ont vu le jour isolément depuis la fin des années 1960 et qui, avec le tournant du millénaire et le retour réflexif aux collections, se sont multipliées au sein des musées d’art. Ces usages forment une constellation de stratégies ayant une véritable incidence sur les types d’œuvres acquises, les modalités d’acquisition, les pratiques de conservation et les mises en valeur des collections qui sont envisagées par les musées. Ils en sont venus à transformer la nature du travail muséal et à décupler les possibilités de présentations en salle et en ligne. Ces nouveaux usages dynamisent aussi bien les collections contemporaines que les collections historiques qui, jusqu’à récemment, demeuraient associées par le public à la pérennité des expositions permanentes.

Ce colloque aborde, sous des perspectives théoriques, historiques et pratiques, la diversité des manifestations de ces nouveaux usages dans le but de contribuer à la revalorisation des collections au sein du musée d’art, d’étudier les nouveaux savoirs qu’ils engagent, d’analyser leurs conditions d’émergence et leurs conséquences pour la dimension patrimoniale des collections, tout en amorçant une réflexion sur l’ouverture des collections et la diffusion des connaissances qu’impose le tournant numérique. Le colloque s’inscrit dans le cadre des travaux du groupe de recherche et réflexion CIÉCO (Collections et impératif événementiel/The Convulsive Collections) réalisés sous la direction de Johanne Lamoureux. Entre 2014 et 2018, CIÉCO a notamment relevé l’apport des architectures spectaculaires des musées, des procédés de singularisation des œuvres (Lamoureux, 2017) et de la performance (Fraser, 2016-2017) aux nouveaux usages. Le groupe de recherche a pu démontrer que les « cartes blanches » octroyées aux artistes et, dans une moindre mesure, aux célébrités étaient le principal usage événementiel des collections des musées d’art à avoir fait l’objet de recherches soutenues (Boucher, 2018). En 2019, l’équipe élargie de chercheurs et de chercheuses ainsi que de partenaires muséaux étend le champ de ses recherches au-delà de la dimension événementielle pour examiner l’ensemble des nouveaux usages des collections.

BOUCHER, M., et G. CHEVALIER (dir.) (2018). Dossier « La carte blanche dans les collections : une stratégie évènementielle », Muséologies. Les cahiers d’études supérieures, vol. 9, no 2.

FRASER, M., et F.-A. DUBÉ-MOREAU (Hiver 2016 – printemps 2017). « Performer la collection. Comment le reenactement performe-t-il ce qu’il recrée? ». Dans BÉNICHOU, A. (dir.), Intermédialités, nos 28-29. <doi:107202/1041088ar>.

LAMOUREUX, J., BOUCHER., M., et M. FRASER (2017). « Looking at the One and Only: The Return of the Single-Work Show », Stedelijk Studies, no 5. https://www.stedelijkstudies.com.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
manager icon Responsables :
Mélanie Boucher
section icon Date : 30 mai 2019

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