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Benoît Hogedez : Université de Sherbrooke
Les médecines alternatives et complémentaires occupent désormais une place importante dans le paysage de la médecine conventionnelle occidentale dite Evidence-based medicine (EBM) et semblent gagner en popularité auprès des patients. De ce constat, nous nous sommes interrogés sur la rationalité de l’ostéopathie. Notre objectif est d’inciter les thérapeutes et les patients à l’examen critique et éthique d’une croyance en l’efficacité d’une thérapie alternative.
Dans un premier temps, nous ferons la distinction entre les concepts d’efficacité subjective, d’efficacité causale objective et de paradoxe de l’efficacité thérapeutique . De ces présupposés, nous en déduirons les raisons expliquant l’efficacité supposée d’une thérapie n’ayant pas fait ses preuves selon l’EBM. Nous aborderons les notions deparalogisme « cum hoc ergo propter hoc » et des explications alternatives à la guérison (évolution spontanément résolutive d’une maladie, régression à la moyenne, évolution cyclique des symptômes de la maladie). De là, nous décrirons les facteurs contextuels non spécifiques de guérison et les facteurs communs cognitifs d’un traitement par la description du biais de confirmation et de la dissonance cognitive en santé. Enfin, l’ensemble de ces biais de raisonnement ou d’interprétation seront regroupés dans la description de l’effet placebo (biais de désirabilité, de réciprocité, effets suggérés attendus et cérémonial).
Dans un monde où l’information, souvent générée par l’utilisateur.rice, circule de plus en plus vite sans passer par un processus de validation, science et pseudoscience se côtoient, ce qui contribue à la confusion, au désintérêt et à la perte de confiance du public dans la recherche.
En considérant que l’acceptation et le rejet de la science ont des racines idéologiques différentes selon la problématique abordée, il ne suffit plus de générer une synthèse efficace de la recherche : les vulgarisateur.rice.s scientifiques doivent également rejoindre le public au-delà de ses diverses prédispositions idéologiques. En cette époque où des enjeux majeurs dépendent de la capacité de chaque individu à prendre des décisions basées sur des faits scientifiques, il paraît nécessaire d’outiller la communauté scientifique pour qu’elle communique une science claire, juste et accessible, tout en minimisant les interventions menant à la polarisation du public.
Tous les grands organismes subventionnaires canadiens reconnaissent que le transfert de connaissances est essentiel à l’adoption de pratiques et de politiques basées sur des données probantes, et plusieurs placent maintenant le transfert de connaissance à égalité avec la production de savoir dans leur mandat. Cependant, peu de chercheur.se.s se considèrent comme des expert.e.s en transmission du savoir, et certain.e.s peuvent se trouver démuni.e.s lors d’interactions avec un public peu ouvert à la logique scientifique ou ancré dans des idéologies polarisantes. Notre colloque, qui débute par une conférence suivie d’une session de communications orales sélectionnées, a pour objectif de mieux comprendre les barrières à la communication. Nous proposons ensuite deux ateliers pratiques, l’un visant à outiller les chercheur.se.s pour s’engager dans un débat constructif efficace, l’autre permettant aux scientifiques de se former à la production d’outils de dissémination. Finalement, la journée sera clôturée par une table ronde réunissant scientifiques, communicateur.rice.s scientifiques et public.
Titre du colloque :