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Considérer les minorités culturelles et nationales comme des agents collectifs? Un fondement normatif pour les droits collectifs

ÉL

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Éliot Litalien : Université McGill

Résumé de la communication

Comme le soutiennent plusieurs auteurs, il semblerait que le multiculturalisme (libéral) et les politiques qui en découlent échouent à répondre adéquatement aux demandes de groupes qui ne cherchent pas à s’intégrer à un autre groupe culturel, mais qui revendiquent plutôt des droits collectifs à l’autodétermination (Turner 2000; Patten 2014). C’est parce que les approches multiculturelles, comme celles de Will Kymlicka (1995) ou de Patten (2014), ne peuvent fournir de fondement normatif adéquat pour la reconnaissance de tels droits collectifs. Dans cette communication, ancrée dans une démarche de théorie politique normative, je soutiens que considérer les groupes formant des minorités culturelles ou nationales comme des agents collectifs permet de fournir un fondement normatif adéquat pour la reconnaissance de droits collectifs, d’une manière qui est par ailleurs compatible avec les objectifs du multiculturalisme libéral. Pour ce faire, je développe une conception de l’agentivité collective qui permet de comprendre comment ces minorités forment des agents. Je soutiens ensuite que cette conception de l’agentivité collective nous fait voir en quoi ces minorités peuvent être victimes de domination, ce qui est, suivant entre autres, Philip Pettit (1999; 2001; 2012) et Ian Shapiro (2016), normativement problématique. Je conclus en montrant que c’est le fait de cette domination qui offre un fondement normatif légitime à la reconnaissance de droits collectifs.

Résumé du colloque

Dès l’Antiquité, le dialogue déploie des implications morales, politiques et épistémologiques. Et depuis lors, il est demeuré un élément essentiel du paysage philosophique, autant comme pratique que comme objet de réflexion. Le dialogue a gagné en importance depuis le 20e siècle (on peut penser à Gadamer, à Ricœur, à Taylor, à Habermas, à la philosophie pour enfants, à l’éthique appliquée…), peut-être même une importance théorique proportionnellement inverse à ce qui semble aujourd’hui être sa faillite pratique dans l’espace public. À l’ère de la polarisation des opinions, le dialogue semble en effet de plus en plus difficile.

La notion de dialogue soulève de nombreuses questions qui concernent notamment sa définition, sa pratique, son importance dans la recherche de la vérité et ses conditions de possibilité. Ainsi, la réflexion sur le dialogue peut se déployer tant sur le plan métaphysique, épistémologique, politique qu’éthique. On pourrait s’intéresser à l’enseignement même de la philosophie, que plusieurs considèrent comme fondamentalement dialogique, ainsi qu’à son avenir quant à l’arrivée des nouvelles technologies et des offres de cours en ligne. On pourrait aussi s’intéresser aux grands dialogues entre philosophes qui ont marqué l’histoire de la philosophie ou aux dialogues que la philosophie a entretenus avec les autres sciences (humaines, pures, de la nature, de la santé…). Le dialogue entre les disciplines pourrait soulever des questions analogues à celui entre les étrangers, concernant notamment l’importance d’une langue commune aux interlocuteurs. Et qu’en est-il du dialogue interculturel ou interreligieux? Comment penser le dialogue entre les États, voire entre les individus, qui entretiennent des rapports de pouvoir asymétriques ou des rapports de domination? À l’instar de Platon, on pourrait aussi se questionner sur la possibilité du dialogue entre la personne qui sait et celle qui ne sait pas, entre la philosophie et le peuple.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 30 mai 2019

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