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Joëlle Gaudreau : Université de Montréal
En 1907, Maria Montessori prend en charge la direction des activités éducatives de la première Casa dei bambini, située dans un quartier défavorisé de Rome. En 1929, elle fonde l’Association Montessori Internationale (AMI), qui demeure la référence officielle relativement à la version classique du curriculum Montessori. Ce dernier représente une alternative éducative qui se démarque par sa longévité, sa large diffusion internationale, sa présence dans l’actualité médiatique et l’intérêt que lui porte la communauté scientifique depuis quelques décennies.
La mise en œuvre du curriculum Montessori semble engendrer des retombées positives en ce qui a trait aux performances scolaires (Mallett et Schroeder, 2015), aux habiletés sociales acquises (Kayili et Ari, 2016) et au développement de l’autonomie des élèves (Ling Koh et Frick, 2010). Cela dit, l’absence d’évaluation de la fidélité de l'implantation de ce curriculum est une limite majeure du corpus d’études visant à juger de son efficacité (Lillard, 2018; Murray, 2010).
Par conséquent, le projet de recherche doctorale présenté a pour objectif principal le développement d’un ensemble d’instruments permettant d’évaluer la fidélité de l’implantation du curriculum Montessori primaire (6-12 ans) ainsi que les facteurs affectant le processus d’implantation. Pour ce faire, les composantes essentielles du curriculum théorique seront d’abord identifiées à travers une formation initiale offerte par un centre certifié par l’AMI.
Dès la fin du XIXe siècle, la volonté de dépasser la tradition pédagogique en place dans les institutions scolaires engendre le mouvement des écoles nouvelles, porté par de grands pédagogues tels que Tolstoï, Dewey, Montessori, Ferrer, Claparède, Neil et Freinet. Au Québec, le mouvement des écoles alternatives apparaît au sein du système scolaire public à l’ouverture de l’école Jonathan en 1974 (RÉPAQ, 2008). Parallèlement, la pratique millénaire de l’apprentissage en famille (homeschooling) prend de l’expansion en Amérique du Nord et en Europe depuis la seconde moitié du XXe siècle (Gaither, 2008).
Aujourd’hui, en France, les écoles nouvelles connaissent un regain d’intérêt (Viaud, 2017). Les enseignants des écoles publiques sont de plus en plus nombreux à déclarer utiliser les pédagogies « nouvelles » : ils intègrent la pédagogie Montessori au sein d’écoles maternelles; ils appliquent la pédagogie coopérative (Freinet) dans leur classe; ils œuvrent dans des écoles membres de la Fédération des établissements scolaires publics innovants. Au Québec, le Réseau des écoles publiques alternatives témoigne également d’un nouvel élan, une vingtaine de projets de nouvelles écoles s’ajoutant aux 45 établissements existants (Conseil supérieur de l’éducation, 2016; Pion, 2016). De plus, la popularité grandissante de l’apprentissage en famille pousse les gouvernements à revoir leur législation pour préciser le rôle des instances publiques eu égard à cette forme d’éducation, notamment en France en 2016 (décret n° 2016-1452), au Québec en 2017-2018 (projet de loi no 144 et décret 644-2018) et en Suisse, où le canton de Vaud a récemment annoncé cette intention (Rippstein, 2018).
Encore peu étudiés dans la francophonie, ces mouvements éducatifs alternatifs doivent être mieux connus, compris et scientifiquement appuyés. En effet, ils soulèvent plusieurs questions pédagogiques, sociales et de gouvernance. De plus, leur étude présente des défis conceptuels et méthodologiques particuliers.
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