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Clara Lungescu : Université de Montréal
Le réalisme scientifique sélectif a été développé en réponse à l’argument de la méta-induction pessimiste, qui présente une raison de douter de la vérité approximative des théories scientifiques en soutenant que même leur succès n’est pas garant de leur vérité, car des théories à succès ont été falsifiées.
La stratégie du réalisme sélectif est de choisir une partie des théories scientifiques, selon un critère donné, et d’affirmer que c’est seulement au sujet de cette partie qu’il est justifié d’être réaliste.
Psillos propose comme critère le novel predictive character, soit l’utilité à faire des prédictions nouvelles, dans son livre Scientific Realism: How Science Tracks Truth (2005).
Un débat existe sur la pertinence de ce critère. Ainsi, dans son article Preservative realism and its discontents: Revisiting Caloric (2003), Chang soutient que dans le cas de la théorie calorique de la chaleur, ce critère sélectionne des hypothèses théoriques au sujet desquelles on ne peut être réaliste, car elles ont été falsifiées. Je vais argumenter qu’une bonne compréhension du critère permet de voir qu’il ne sélectionne pas ces hypothèses problématiques, puisque, malgré qu’elles aient permis de faire de bonnes prédictions (la vitesse du son), elles étaient ad hoc par rapport à ces prédictions, lesquelles ont été utilisées pour construire les hypothèses falsifiées.
Dès l’Antiquité, le dialogue déploie des implications morales, politiques et épistémologiques. Et depuis lors, il est demeuré un élément essentiel du paysage philosophique, autant comme pratique que comme objet de réflexion. Le dialogue a gagné en importance depuis le 20e siècle (on peut penser à Gadamer, à Ricœur, à Taylor, à Habermas, à la philosophie pour enfants, à l’éthique appliquée…), peut-être même une importance théorique proportionnellement inverse à ce qui semble aujourd’hui être sa faillite pratique dans l’espace public. À l’ère de la polarisation des opinions, le dialogue semble en effet de plus en plus difficile.
La notion de dialogue soulève de nombreuses questions qui concernent notamment sa définition, sa pratique, son importance dans la recherche de la vérité et ses conditions de possibilité. Ainsi, la réflexion sur le dialogue peut se déployer tant sur le plan métaphysique, épistémologique, politique qu’éthique. On pourrait s’intéresser à l’enseignement même de la philosophie, que plusieurs considèrent comme fondamentalement dialogique, ainsi qu’à son avenir quant à l’arrivée des nouvelles technologies et des offres de cours en ligne. On pourrait aussi s’intéresser aux grands dialogues entre philosophes qui ont marqué l’histoire de la philosophie ou aux dialogues que la philosophie a entretenus avec les autres sciences (humaines, pures, de la nature, de la santé…). Le dialogue entre les disciplines pourrait soulever des questions analogues à celui entre les étrangers, concernant notamment l’importance d’une langue commune aux interlocuteurs. Et qu’en est-il du dialogue interculturel ou interreligieux? Comment penser le dialogue entre les États, voire entre les individus, qui entretiennent des rapports de pouvoir asymétriques ou des rapports de domination? À l’instar de Platon, on pourrait aussi se questionner sur la possibilité du dialogue entre la personne qui sait et celle qui ne sait pas, entre la philosophie et le peuple.
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