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Simon Goyer : UQAM - Université du Québec à Montréal
Aujourd’hui, la conception du trouble mental qui deviendra probablement la plus influente en Amérique du Nord et dans le monde est celle de la National Institute of Mental Health (NIMH), laquelle est, aux États-Unis, l’agence fédérale principale responsable de la recherche sur les désordres mentaux. On peut penser que la conception promue par cette organisation sera très influente parce que cette dernière possède des moyens financiers considérables et oriente la recherche en psychiatrie. La conception promue par cette organisation se résume ultimement à l’idée simple selon laquelle les troubles mentaux sont des troubles du cerveau (Insel, 2013). Dans cette présentation, d’abord, je présente très brièvement les Research Domain Criteria (RDoC), un programme de recherche développé par la NIMH qui suppose cette conception du trouble mental. Ensuite, je présente mon interprétation philosophique de cette dernière. Puis, j’explique pourquoi cette conception influe négativement sur la recherche psychiatrique et favorise le développement d’une mauvaise psychiatrie. Enfin, j’esquisse brièvement une nouvelle conception du trouble mental s’inscrivant dans le cadre théorique développé par le psychiatre et philosophe Thomas Fuchs dans son livre Ecology of the brain (2018). À mon avis, ma conception est favorable au développement d’une bonne psychiatrie.
Dès l’Antiquité, le dialogue déploie des implications morales, politiques et épistémologiques. Et depuis lors, il est demeuré un élément essentiel du paysage philosophique, autant comme pratique que comme objet de réflexion. Le dialogue a gagné en importance depuis le 20e siècle (on peut penser à Gadamer, à Ricœur, à Taylor, à Habermas, à la philosophie pour enfants, à l’éthique appliquée…), peut-être même une importance théorique proportionnellement inverse à ce qui semble aujourd’hui être sa faillite pratique dans l’espace public. À l’ère de la polarisation des opinions, le dialogue semble en effet de plus en plus difficile.
La notion de dialogue soulève de nombreuses questions qui concernent notamment sa définition, sa pratique, son importance dans la recherche de la vérité et ses conditions de possibilité. Ainsi, la réflexion sur le dialogue peut se déployer tant sur le plan métaphysique, épistémologique, politique qu’éthique. On pourrait s’intéresser à l’enseignement même de la philosophie, que plusieurs considèrent comme fondamentalement dialogique, ainsi qu’à son avenir quant à l’arrivée des nouvelles technologies et des offres de cours en ligne. On pourrait aussi s’intéresser aux grands dialogues entre philosophes qui ont marqué l’histoire de la philosophie ou aux dialogues que la philosophie a entretenus avec les autres sciences (humaines, pures, de la nature, de la santé…). Le dialogue entre les disciplines pourrait soulever des questions analogues à celui entre les étrangers, concernant notamment l’importance d’une langue commune aux interlocuteurs. Et qu’en est-il du dialogue interculturel ou interreligieux? Comment penser le dialogue entre les États, voire entre les individus, qui entretiennent des rapports de pouvoir asymétriques ou des rapports de domination? À l’instar de Platon, on pourrait aussi se questionner sur la possibilité du dialogue entre la personne qui sait et celle qui ne sait pas, entre la philosophie et le peuple.
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