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Des mots pour dire et écrire une ruse : influences de pratiques orales sur les productions écrites d’élèves de 10 à 13 ans

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Christine Venerin : Laboratoire ICARE

Résumé de la communication

Nous rendrons compte des premiers résultats d’un dispositif expérimental mené dans cinq classes réunionnaises auprès d’élèves de CM2, 6e et 5e. Cette recherche empirique vise à mesurer l’impact de plusieurs séances lexicales orales sur le réinvestissement en production écrite. Le dispositif favorise la conscience réflexive sur les choix lexicaux, en réception et en production, donc le développement de compétences lexicales et métalexicales. Les élèves écrivent trois rappels de contes entendus relatant des ruses, un par semaine, trois semaines consécutives. Chaque production écrite est suivie quelques jours plus tard d’une séance orale filmée, consacrée à des explicitations collectives de choix lexicaux sélectionnés dans les écrits par l’enseignante, dans le champ lexical de la ruse ou celui des affects. La classe témoin ne bénéficie pas de ces séances orales. La quatrième semaine, les élèves écrivent une nouvelle ruse du protagoniste du dernier conte. Les analyses montrent des disparités de performances lexicales entre les quatre classes, corrélées vraisemblablement au déroulement des séances orales. La classe témoin emploie sensiblement autant de mots de la ruse et des sentiments que certaines classes. Sans doute faut-il y voir l’impact des lectures successives de contes. Néanmoins, les résultats n’invalident pas l’expérimentation. Les enseignants ont découvert une nouvelle façon d’entrer collectivement dans la compréhension d’un récit en abordant le vocabulaire.

Résumé du colloque

Le vocabulaire joue un rôle majeur dans la réussite scolaire (Biemiller, 2011), non seulement en français, mais aussi dans les autres disciplines. La section Lexique de la Progression des apprentissages (MELS, 2009), de même que la liste orthographique pour le primaire (MELS, 2014) soulignent d’ailleurs une volonté ministérielle de valoriser l’enseignement du lexique au Québec. Les instructions officielles en France et en Belgique font elles aussi une large part à la question du lexique. Paradoxalement, le vocabulaire continue d’être peu enseigné au primaire et au secondaire (Dreyfus, 2004; Anctil, 2011), ce que confirment les résultats de récentes recherches portant respectivement sur les pratiques d’enseignement du vocabulaire au primaire (Anctil, 2018) et sur l’utilisation du dictionnaire par les enseignants du primaire et du secondaire (Tremblay, 2018). De plus, malgré le fait que ce volet de l’enseignement de la langue intéresse de plus en plus les didacticiens, les recherches menées en contexte francophone demeurent éparses et les publications scientifiques en français sur ce sujet sont relativement peu nombreuses (Nonnon, 2012). En ce sens, il nous paraît important de favoriser la mise en commun des travaux en didactique du lexique à l’intérieur d’une rencontre scientifique régulière réunissant des chercheurs québécois et européens, comme nous l’avons fait en 2015 et en 2017 dans le cadre de l’Acfas.

Nous reprendrons la structuration en quatre axes des colloques précédents : 1) lexique et contenus d’enseignement (choix des mots à enseigner, notions lexicales à l’étude, pertinence didactique des contenus, etc.); 2) enseignants et enseignement du lexique (pratiques, formation initiale et continue, etc.); 3) élèves et apprentissage du vocabulaire (disparités lexicales chez les élèves, évaluation de la compétence lexicale, besoins des élèves allophones, etc.); et 4) ressources pour l’enseignement du lexique (manuels, listes de mots, dictionnaire, littérature, etc.).

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
Discutant-e- de la session : Cristelle Cavalla
section icon Date : 30 mai 2019

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