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Du contextualisme williamsien comme épistémologie sociale de type kuhnienne ou ce relativisme qui n'en est pas un

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Kevin Kaiser : Université de Montréal

Résumé de la communication

La proposition de contextualisme épistémologique développé par Williams (2001; 2007) s'est vu critiquer par Pritchard (2010) quant à sa réelle nature de même que ses conséquences épistémiques. Ce dernier soutient que le contextualisme de Williams, en autorisant l'incommensurabilité entre deux communautés épistémiques, n'est dans les faits qu'une forme de relativisme épistémique. Ce faisant, toute prétention à offrir une innovation quelconque sur la question de la justification serait erronée.

Au cours de cette conférence, une proposition visant à faire tomber cette accusation sera développée. Il sera soutenu qu’en s’inspirant de l'épistémologie sociale et évolutionnaire de Kuhn (Wray (2011)), il est possible d’augmenter la proposition de Williams pour faire tomber l’accusation de relativisme épistémique.

Pour ce faire, la thèse de Williams sera, tout d'abord, exposée. Ce faisant il sera possible de comprendre la critique formulée par Pritchard. Ces bases ayant été posées, l'épistémologie sociale et évolutionnaire de Kuhn pourra alors être introduite. Les similarités structurelles entre ces deux propositions pourront ainsi être exposées. C'est ce quasi-isomorphisme entre la thèse de Williams et la thèse de Kuhn, qui permettra, finalement, la mobilisation d'intrants de l'épistémologie des sciences pour mettre à mal l'argument de Pritchard (2011).

Résumé du colloque

Dès l’Antiquité, le dialogue déploie des implications morales, politiques et épistémologiques. Et depuis lors, il est demeuré un élément essentiel du paysage philosophique, autant comme pratique que comme objet de réflexion. Le dialogue a gagné en importance depuis le 20e siècle (on peut penser à Gadamer, à Ricœur, à Taylor, à Habermas, à la philosophie pour enfants, à l’éthique appliquée…), peut-être même une importance théorique proportionnellement inverse à ce qui semble aujourd’hui être sa faillite pratique dans l’espace public. À l’ère de la polarisation des opinions, le dialogue semble en effet de plus en plus difficile.

La notion de dialogue soulève de nombreuses questions qui concernent notamment sa définition, sa pratique, son importance dans la recherche de la vérité et ses conditions de possibilité. Ainsi, la réflexion sur le dialogue peut se déployer tant sur le plan métaphysique, épistémologique, politique qu’éthique. On pourrait s’intéresser à l’enseignement même de la philosophie, que plusieurs considèrent comme fondamentalement dialogique, ainsi qu’à son avenir quant à l’arrivée des nouvelles technologies et des offres de cours en ligne. On pourrait aussi s’intéresser aux grands dialogues entre philosophes qui ont marqué l’histoire de la philosophie ou aux dialogues que la philosophie a entretenus avec les autres sciences (humaines, pures, de la nature, de la santé…). Le dialogue entre les disciplines pourrait soulever des questions analogues à celui entre les étrangers, concernant notamment l’importance d’une langue commune aux interlocuteurs. Et qu’en est-il du dialogue interculturel ou interreligieux? Comment penser le dialogue entre les États, voire entre les individus, qui entretiennent des rapports de pouvoir asymétriques ou des rapports de domination? À l’instar de Platon, on pourrait aussi se questionner sur la possibilité du dialogue entre la personne qui sait et celle qui ne sait pas, entre la philosophie et le peuple.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 30 mai 2019

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