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État des lieux sur les liens entre les échanges oraux réflexifs et l'acquisition de vocabulaire

CS

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Claudine Sauvageau : Université de Montréal

Résumé de la communication

Un enseignement efficace de la lecture repose sur divers éléments, dont les interventions qui portent sur le vocabulaire (NICHHD, 2000). La lecture à voix haute d’œuvres jeunesse favorise l’accroissement lexical, et encore davantage lorsque jumelée à un enseignement direct de vocabulaire, qui vise l’apprentissage de mots ciblés pour leur potentiel de réutilisation à travers des expositions multiples et des expériences signifiantes (Coyne et coll., 2007). Pourtant, un enseignement direct des mots se fait rarement en classe : les mots sont souvent uniquement expliqués aux élèves, ce qui ne favorise pas leur rétention (Anctil et coll., 2018). En ce sens, Beck et coll. (2013) relèvent l’importance des activités de consolidation des mots et soulignent qu’elles doivent provoquer l’interaction et la réflexion. Ces principes convergent avec plusieurs études sur l’oral qui montrent une connaissance plus profonde des concepts par une approche réflexive axée sur la coconstruction des savoirs entre pairs (Hébert et coll., 2012). Or, plusieurs recherches qui portent sur l’enseignement du vocabulaire proposent des activités de consolidation des mots majoritairement dirigées par l’adulte, qui limitent les réelles interactions entre pairs (Ruston et coll., 2010). Dans cette perspective, il importe de se pencher sur les liens entre les échanges oraux réflexifs et la consolidation du vocabulaire rencontré en lecture, dressant ainsi un pont entre la didactique du lexique et celle de l’oral.

Résumé du colloque

Le vocabulaire joue un rôle majeur dans la réussite scolaire (Biemiller, 2011), non seulement en français, mais aussi dans les autres disciplines. La section Lexique de la Progression des apprentissages (MELS, 2009), de même que la liste orthographique pour le primaire (MELS, 2014) soulignent d’ailleurs une volonté ministérielle de valoriser l’enseignement du lexique au Québec. Les instructions officielles en France et en Belgique font elles aussi une large part à la question du lexique. Paradoxalement, le vocabulaire continue d’être peu enseigné au primaire et au secondaire (Dreyfus, 2004; Anctil, 2011), ce que confirment les résultats de récentes recherches portant respectivement sur les pratiques d’enseignement du vocabulaire au primaire (Anctil, 2018) et sur l’utilisation du dictionnaire par les enseignants du primaire et du secondaire (Tremblay, 2018). De plus, malgré le fait que ce volet de l’enseignement de la langue intéresse de plus en plus les didacticiens, les recherches menées en contexte francophone demeurent éparses et les publications scientifiques en français sur ce sujet sont relativement peu nombreuses (Nonnon, 2012). En ce sens, il nous paraît important de favoriser la mise en commun des travaux en didactique du lexique à l’intérieur d’une rencontre scientifique régulière réunissant des chercheurs québécois et européens, comme nous l’avons fait en 2015 et en 2017 dans le cadre de l’Acfas.

Nous reprendrons la structuration en quatre axes des colloques précédents : 1) lexique et contenus d’enseignement (choix des mots à enseigner, notions lexicales à l’étude, pertinence didactique des contenus, etc.); 2) enseignants et enseignement du lexique (pratiques, formation initiale et continue, etc.); 3) élèves et apprentissage du vocabulaire (disparités lexicales chez les élèves, évaluation de la compétence lexicale, besoins des élèves allophones, etc.); et 4) ressources pour l’enseignement du lexique (manuels, listes de mots, dictionnaire, littérature, etc.).

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
Discutant-e- de la session : Dominic Anctil
section icon Date : 30 mai 2019

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