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Historiographie, histoire de la philosophie et reconstruction rationnelle. Réflexions critiques sur la portée de la thèse de la pertinence philosophique de l’histoire de la philosophie

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Jimmy PLOURDE : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières

Résumé de la communication

Dans Récit et Reconstruction, Claude Panaccio présente une conception originale de l’histoire de la philosophie. Une des thèses centrales de sa conception est celle de la pertinence philosophique de la discipline historique (historiographie) et de l’histoire, entendue ici au sens du passé de la philosophie. Cette pertinence tient au fait que les textes du passé et l’interprétation de ces textes par les historiens présentent un intérêt pour les « questions que nous tenons aujourd’hui pour philosophiquement pertinentes » (p. 70). Cette thèse de la pertinence philosophique de l’histoire de la philosophie est solidement défendue dans l’ouvrage de Panaccio, mais elle peut donner lieu à plus d’une lecture, plus ou moins fortes, qui ont pour effet d’en moduler la portée. Dans mon intervention, je vais examiner différentes lectures possibles de la thèse de la pertinence et soutiendrai qu’au moins une d’entre elles est trop forte. Je présenterai ensuite une lecture plus faible de la thèse de la pertinence, une lecture qui s’accorde avec la conception de l’histoire de la philosophie de Claude Panaccio, mais qui est peut-être plus faible que ce qu’il entendait défendre.

Résumé du colloque

Dès l’Antiquité, le dialogue déploie des implications morales, politiques et épistémologiques. Et depuis lors, il est demeuré un élément essentiel du paysage philosophique, autant comme pratique que comme objet de réflexion. Le dialogue a gagné en importance depuis le 20e siècle (on peut penser à Gadamer, à Ricœur, à Taylor, à Habermas, à la philosophie pour enfants, à l’éthique appliquée…), peut-être même une importance théorique proportionnellement inverse à ce qui semble aujourd’hui être sa faillite pratique dans l’espace public. À l’ère de la polarisation des opinions, le dialogue semble en effet de plus en plus difficile.

La notion de dialogue soulève de nombreuses questions qui concernent notamment sa définition, sa pratique, son importance dans la recherche de la vérité et ses conditions de possibilité. Ainsi, la réflexion sur le dialogue peut se déployer tant sur le plan métaphysique, épistémologique, politique qu’éthique. On pourrait s’intéresser à l’enseignement même de la philosophie, que plusieurs considèrent comme fondamentalement dialogique, ainsi qu’à son avenir quant à l’arrivée des nouvelles technologies et des offres de cours en ligne. On pourrait aussi s’intéresser aux grands dialogues entre philosophes qui ont marqué l’histoire de la philosophie ou aux dialogues que la philosophie a entretenus avec les autres sciences (humaines, pures, de la nature, de la santé…). Le dialogue entre les disciplines pourrait soulever des questions analogues à celui entre les étrangers, concernant notamment l’importance d’une langue commune aux interlocuteurs. Et qu’en est-il du dialogue interculturel ou interreligieux? Comment penser le dialogue entre les États, voire entre les individus, qui entretiennent des rapports de pouvoir asymétriques ou des rapports de domination? À l’instar de Platon, on pourrait aussi se questionner sur la possibilité du dialogue entre la personne qui sait et celle qui ne sait pas, entre la philosophie et le peuple.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 30 mai 2019

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