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Tara CHANADY : Université de Montréal
Ma recherche doctorale porte sur les dynamiques d’identification et de désidentification des femmes et personnes non-binaires LBTQI+ dans les espaces montréalais. À travers une analyse phénoménologique (Ahmed, 2006-2015) se basant sur des entrevues marchées et sur des prises de photographies avec 21 participantes de diverses positions (âge, statut d’immigration, appartenance ethnosexuelle, identification sexuelle et de genre, langue, etc.), je m’intéresse aux perceptions des appartenances dans l’intersection de ces expériences variées.
Je propose dans le cadre de cette conférence de me pencher plus spécifiquement sur les enjeux migratoires soulevés par sept des participantes, quatre racontant leur migration économique et culturelle en tant que personne racisée, et trois racontant leur parcours de migration forcée (demandes d’asile). Vers quoi (personnes, lieux, affects, dynamiques, objets, etc.) et comment se sont-elles dirigées à leur arrivée, depuis celle-ci, et lors de l’entrevue marchée? Comment évoquent-elles leur sentiment d’appartenance à travers les espaces physiques, culturels et identitaires de Montréal? Les entrevues soulèvent notamment de dynamiques d’inclusion/exclusion et de tensions dans l’exploration de réseaux et de points de repères, ainsi que la recherche d’un sentiment de feeling-at-home dans un contexte de déplacement et de marginalisations multiples.
S’inscrivant dans une perspective intersectionnelle et critique, ce colloque met de l’avant les parcours multiples et complexes qui sont partagés par des personnes LGBTQ migrantes, réfugiées et/ou issues de la diversité ethnoculturelle. Dans un contexte social où les normes de genre et de sexualité associées aux immigrants tendent à être reléguées au conservatisme et à la répression et celles des sociétés occidentales au libéralisme et à l’émancipation, il semble important de réfléchir sur cette tension telle qu’elle se répercute véritablement dans le parcours des personnes migrantes et racisées qui s’identifient comme LGBTQ. En plus de remettre en question et de potentiellement participer à une reconceptualisation du récit dominant de l’« identité gaie », lequel repose historiquement sur des présomptions fortes de visibilité et de « sortie du placard », la mise en lumière des parcours de ces personnes vivant à l’intersection de multiples axes d’oppression fait apparaître la compréhension qu’elles ont d’elles-mêmes, de leurs identités et de leurs pratiques. Les personnes migrantes et/ou racisées qui revendiquent une identité LGBTQ+ ou toute forme de sexualité non normative ne peuvent être réduites à de simples modèles d’assimilation de la culture occidentale dominante alors que leurs revendications identitaires émergent de dynamiques de pouvoir complexes qui s’inscrivent à l’intersection de la migration et des transformations culturelles que cette dernière provoque souvent. Ces réflexions sont également soutenues par le souci de ne pas homogénéiser les vécus de ces personnes, alors que certaines, comme les femmes trans racisées, connaissent des parcours difficiles et peu étudiés. Ce colloque permet un espace d’échange et de discussion entre personnes concernées, chercheur.se.s, militant.e.s et allié.e.s afin de nuancer le cadre d’interprétation encore trop fortement dichotomique, impensé ou invisible du parcours des personnes migrantes et de minorités sexuelles.
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