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Ano Jean-louis ANO : Université Alassane Ouattara
La prévalence et l’incidence des épidémies en Côte d’Ivoire ont suscité la multiplication d'initiatives visant la réduction de leur propagation et le soutien des victimes. Cependant, les observations sur l’évolution de ces épidémies prouvent que ces initiatives n’ont pas réussi à atteindre les objectifs escomptés. Ces échecs seraient dus à descampagnes de sensibilisation porteuses de discours pathogéniques hautement techniques et d’une complexité sémiotique inaccessibles à des populations cibles qui souffrent d’un déficit verbal et de littératie. A cette incompréhension du discours par les populations cibles, s’ajoute l’incompétence communicationnelle des agents sensibilisateurs qui, souvent, victimes eux aussi d’une performativité discursive, ne parviennent à rendre ces discours clairs et simples. Les recommandations proposées face à cette situation semblent ne pas, elles aussi, insister sur la dimension linguistique de la question et particulièrement sur la rhétorique. Cette communication vise à montrer que, dans un environnement miné par l’analphabétisme et le déficit de littératie, pour être efficace, la transmission des savoirs aux communautés rurales ne peut s’affranchir de la rhétorique et de la littératie. Nous formulons cette hypothèse parce que selon nous, cet arrimage permet, d’une part, une facile appropriation de ces savoirs et instaure, d’autre part, une confiance en la science médicinale.
Dans un monde où l’information, souvent générée par l’utilisateur.rice, circule de plus en plus vite sans passer par un processus de validation, science et pseudoscience se côtoient, ce qui contribue à la confusion, au désintérêt et à la perte de confiance du public dans la recherche.
En considérant que l’acceptation et le rejet de la science ont des racines idéologiques différentes selon la problématique abordée, il ne suffit plus de générer une synthèse efficace de la recherche : les vulgarisateur.rice.s scientifiques doivent également rejoindre le public au-delà de ses diverses prédispositions idéologiques. En cette époque où des enjeux majeurs dépendent de la capacité de chaque individu à prendre des décisions basées sur des faits scientifiques, il paraît nécessaire d’outiller la communauté scientifique pour qu’elle communique une science claire, juste et accessible, tout en minimisant les interventions menant à la polarisation du public.
Tous les grands organismes subventionnaires canadiens reconnaissent que le transfert de connaissances est essentiel à l’adoption de pratiques et de politiques basées sur des données probantes, et plusieurs placent maintenant le transfert de connaissance à égalité avec la production de savoir dans leur mandat. Cependant, peu de chercheur.se.s se considèrent comme des expert.e.s en transmission du savoir, et certain.e.s peuvent se trouver démuni.e.s lors d’interactions avec un public peu ouvert à la logique scientifique ou ancré dans des idéologies polarisantes. Notre colloque, qui débute par une conférence suivie d’une session de communications orales sélectionnées, a pour objectif de mieux comprendre les barrières à la communication. Nous proposons ensuite deux ateliers pratiques, l’un visant à outiller les chercheur.se.s pour s’engager dans un débat constructif efficace, l’autre permettant aux scientifiques de se former à la production d’outils de dissémination. Finalement, la journée sera clôturée par une table ronde réunissant scientifiques, communicateur.rice.s scientifiques et public.
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