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Frédérick Bertrand : Université Laval
La figure du rat est emblématique dans la littérature et l’imaginaire social. Elle est souvent associée à l’idée de bas-fonds, à la souillure, voire à la déshumanisation. La littérature traitant de la Grande Guerre la convoque fréquemment pour illustrer certaines conditions d’existence des poilus ou encore pour déshumaniser le soldat allemand. Une lecture attentive des journaux de tranchées, forme médiatique parodique, qui se joue des codes de la presse quotidienne, permet de déceler l’importance de la figure du rat au sein de ses discours, souvent humoristiques, et d’en déterminer les nombreux usages. Cette communication propose d’étudier ce motif à travers un corpus composé de quatre journaux du front : Le Bochofage, Le Canard du Boyau, L’Écho des Guitounes et Le Tuyau de la Roulante, afin de déterminer dans quelles mesures le poilu s’identifie au rat, et dans quels cas il se détache de sa figure pour la projeter sur l’autre et le déshumaniser. Fréquemment convoqué lorsqu’il s’agit de décrire la précarité de la vie au front, le rat est aussi utilisé pour atténuer l’empathie que pourrait ressentir le soldat face à son vis-à-vis allemand par le procédé de pseudo-spéciation. Ce procédé sera étudié en détail à l’aide de la figure du rat, puisqu'il est un des fondements de la fabrication du consentement à tuer. Le rat, motif récurrent, ambivalent et paradoxal de ce type de littérature militaire, permet de saisir comment les poilus appréhendaient le microcosme de la tranchée.
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