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France Chassé : Université de Moncton
Le recrutement d’un personnel qualifié pour former les infirmières et les médecins est un défi pancanadien. Ce défi s’accentue davantage dans les communautés de langue officielle en situation minoritaire, où le bassin de candidats est limité. Les écrits qui ont examiné les facteurs influençant le choix des professionnels à devenir formateurs sont peu nombreux. La majorité des études recensées sont non canadiennes et, à notre connaissance, aucune n’a été réalisée dans des milieux francophones minoritaires. L’objectif visé par cette étude était d’explorer les incitatifs et les défis qui influencent la décision des professionnels de la santé à s’impliquer dans la formation en français des infirmières et des médecins. Une approche qualitative a guidé les entrevues semi-structurées de 14 infirmières formatrices à l’École réseau de science infirmière et 13 médecins formateurs au Centre de formation médicale du N.-B. Les résultats révèlent des incitatifs communs chez les deux groupes de participants, comme la capacité d’influencer la qualité de l’enseignement et le maintien des compétences professionnelles. Certains défis communs ont été relevés, comme la surcharge de travail et la conciliation travail-famille. Dans un contexte de formation des infirmières et des médecins en milieu francophone minoritaire, il devient impératif d’adapter les stratégies de recrutement du personnel enseignant, afin de cibler plus tôt les candidats prometteurs et d’offrir de meilleures conditions.
Depuis le premier plan d’action pour les langues officielles du Canada (2003-2008) contenant des objectifs d’amélioration de la santé des communautés de langue officielle en situation minoritaire (CLOSM) et les feuilles de route subséquentes (2008-2013 et 2013-2018), la recherche dans ce domaine s’est intensifiée et de nombreuses nouvelles connaissances ont ainsi été créées. Il faut maintenant se questionner sur la mobilisation de ces connaissances.
La mobilisation des connaissances englobe un large éventail d’activités liées à la production et à l’utilisation des résultats de la recherche, notamment la synthèse et la diffusion de connaissances, ainsi que la création et la production conjointes par les chercheurs et les utilisateurs des connaissances (CRSH, 2018). Elle vise la mise en valeur des résultats de la recherche pour leur utilisation stratégique.
Dans l’optique de l’application des connaissances intégrées (IRSC, 2012), plusieurs chercheurs optent pour l’inclusion d’usagers des CLOSM et des décideurs dans leurs recherches. Ceci a des avantages uniques : la recherche est guidée par les principes d’inclusion et de coconstruction des connaissances et se concentre davantage sur les priorités retenues par ces groupes. Dans le contexte des CLOSM, l’appropriation des résultats de recherche prend toute son importance, car il s’agit de connaissances spécifiques se rapportant à des situations et à des besoins particuliers de ces populations.
Il y a néanmoins des enjeux, dont celui de la représentativité des différentes communautés francophones au pays et celui de rejoindre des décideurs qui souvent font partie du groupe linguistique majoritaire. Par exemple : la connaissance produite en Ontario s’applique-t-elle en Alberta? quelle recherche est nécessaire pour influencer les décideurs? comment faire en sorte que les connaissances aident à changer les politiques, à favoriser une organisation de services linguistiquement adaptés et à améliorer l’accès à ces services?
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