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Camille Cantin : Université Laval
Une des méthodes pour adapter ses textes et mieux se faire comprendre par l’autre est la vulgarisation. Quand les rédacteurs vulgarisent des textes scientifiques et techniques, ils utilisent plusieurs outils pour faciliter la lecture et la compréhension de leur public, dont la mise en récit. Au-delà du seul cadre de la littérature, on la retrouve désormais non seulement dans les écrits spécialisés (médecine, politique, marketing, éducation, etc.), mais aussi dans les écrits utilitaires (rapport, manuel, dépliant, etc.). Mais pourquoi la mise en récit connaît-elle un intérêt renouvelé aux yeux des vulgarisateurs contemporains? S’agit-il d’un outil effectivement pertinent pour celles et ceux qui adaptent des textes afin de les rendre accessibles au plus grand nombre?
Plusieurs arguments vont dans ce sens. Premièrement, « il n’y a jamais eu nulle part aucun peuple sans récit » (Barthes, 1966 : 1). Deuxièmement, « la mise en récit des méthodes scientifiques peut aider le public à comprendre le monde qui l’entoure et servir de support à la vulgarisation de la science » (Rescher, 2016 : xiii). Troisièmement, la mise en récit a de nombreux avantages.
L’objectif principal de cette recherche est de montrer et d’expliquer comment la mise en récit est un procédé pertinent pour ceux et celles qui adaptent et vulgarisent des textes, notamment parce qu’elle facilite la lecture du lecteur, suscite son intérêt et augmente ses effets cognitifs.
Nous retrouvons l’adaptation de textes sous une multitude de formes et nous y avons recours dans plusieurs domaines différents. Pour certains, l’adaptation de textes est un processus de reterritorialisation du texte de départ (Brisset, 1986). D’autres la définissent comme une forme de naturalisation visant à produire le même effet que l’original (Santoyo, 1989). L’adaptation Web, pour sa part, suppose la révision et la modification de l’ensemble des aspects communicationnels d’un document (Kavanagh, 2007). S’il peut être utile de dresser une typologie de l’adaptation de textes, nous devons tenir compte du fait qu’elle se moque bien de la sempiternelle fidélité absolue à l’original : dans tous les cas, elle sollicite la créativité du langagier, qu’il soit rédacteur ou traducteur. Cette activité est donc davantage de l’ordre de la recréation que de la traduction ou de la rédaction. Cependant, adaptation de textes ne saurait rimer avec liberté inconditionnelle. En effet, c’est l’existence de limites qui permet la définition d’un espace de l’adaptation et, par là même, de l’activité rédactionnelle ou traduisante. Les règles servent de tremplin à la création au sein de limites préétablies.
Ce colloque aimerait susciter une prise en compte des dimensions culturelle et interdisciplinaire de l’adaptation de textes. En effet, celle-ci s’impose de façon différente selon les domaines, les situations et les cultures. Dès lors, le défi est double, car il faut négocier l’adaptation entre un contexte global et territorial.
Ce colloque interdisciplinaire invite des communications sur l’adaptation de textes (depuis ou vers le français et l’anglais si le thème est la traduction) dans les domaines littéraire ou pragmatique : adaptation cinématographique, traduction théâtrale, publicitaire ou audiovisuelle, vulgarisation de textes scientifiques ou techniques, adaptation Web, rédaction devant tenir compte de supports choisis, de publics visés ou de contraintes éditoriales, etc.
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