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La place de l’imaginaire technique dans la transformation de systèmes sociotechniques. Contribution aux transitions studies.

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Frederick Lemarchand : Université de Caen-Normandie

Résumé de la communication

Le changement climatique et l’érosion des ressources physiques et biologiques imposent un tournant dans la conduite des affaires humaines en réintégrant un nouveau déterminisme dans la question politique. Du TINA néolibéral (il n’y a pas d’alternative) de nature purement idéologique, le monde passera à une obligation de décroissante et à une descente énergétique liés à la déplétion des ressources. Faute de pouvoir négocier (un surplus) avec la nature, la voie technique semble être privilégiée pour proposer des alternatives au pétrole (captage de CO2, technologies électriques et de l’hydrogène, « smart cities »…) le plus souvent dans le prolongement des logiques existantes héritées des Trente glorieuses, tant du point de vue du rôle prépondérant du marché et de l’Etat que de l’absence de celui des citoyens. L’expérimentation que nous menons en Normandie et en Bourgogne depuis 2018 à travers une « fabrique des publics » (living lab) axées sur la transition énergétique, et en particulier l’hydrogène, pause la question de la capacité d’imagination des citoyens, d’imaginer le pire d’une part (que serait un monde à plus de 4°C de réchauffement vers lequel nous allons) mais aussi d’imaginer des manière d’être ensemble comme d’imaginer de nouvelles technologies de l’énergie plus conviviales. Cette contribution tentera de déceler ce qui peut nourrir un imaginaire social de transition depuis l’expérience que nous avons menée.

Résumé du colloque

Devant les crises enchevêtrées du climat, de la biodiversité et des extrêmes climatiques ouvrant de menaçants horizons d’emballement des grands cycles biogéochimiques de la planète, quelles sont les recherches, les politiques et les stratégies démocratiques à privilégier pour réduire, d’urgence, l’empreinte énergétique et agroalimentaire? L’érosion accélérée de la biodiversité conduisant à notre fulgurante entrée dans la sixième extinction de la planète, ponctuée par une réduction de 60% des populations d’espèces sauvages en 45 ans (WWF, 2018), témoigne à la fois des impacts des énergies fossiles, de ceux de l’industrie agroalimentaire et de leurs interrelations. Si la limitation draconienne des énergies carbonées au profit d’énergies alternatives s’impose alors d’évidence, s’imposent également de sérieuses remises en question des modèles agroalimentaires dominants. Mais de telles transformations exigent de solides analyses des enjeux socioéconomiques et politiques afin d’élaborer des stratégies de transition viables, réalistes et démocratiques doublées de politiques appropriées. Comment amorcer des transitions d’une telle ampleur sans un véritable travail de mise en démocratie, permettant d’inscrire ces enjeux à l’intersection des sphères du savoir, de la gouvernance, de l’innovation scientifique et sociale ainsi que des pratiques et usages des citoyens. C’est sous un double éclairage France-Québec, de recherches menées d’une part sur la transition énergétique, notamment dans les filières de l’éolien et de l’hydrogène, par les chercheurs du programme, TETHYS (transition énergétique, territoires, hydrogène et société), financé par l’Agence nationale de la recherche (ANR) en France et menées d’autre part sur la transition agroalimentaire par des équipes du CREPPA de l’UQAM, le Collectif de recherche écosanté sur les pesticides, les politiques et les alternatives, une équipe FQRSC, que se déploieront les réflexions croisées de ce colloque.

Les menaces d’écocide, accélérées par la flambée sans précédent des écarts socioéconomiques, amplifiées par la montée en puissance de régimes politiques autoritaires, procarbone voire climatosceptiques, et par une concentration inégalée de l’agroalimentaire, imposent une réflexion approfondie, sur le plan autant de la recherche que des politiques, sur les exigences de renouvellement démocratique des transitions énergétiques et agroalimentaires. C’est ce qu’entend explorer ce colloque, réunissant sous un même chapeau, lors d’une ouverture commune élargie, ces équipes liées par une entente cadre UQAM-UNICAEN. Ces questions seront ensuite déclinées par l’équipe françaises ANR (Normandie-Bourgogne projet hydrogène et démocratisation de la transition), et par l’Équipe québécoise du CREPPA. Ce colloque, sous les auspices de la Commission canadienne pour l’UNESCO et de l’Agence nationale de la recherche en France, accueillera des invités de marque, notamment d’instances de recherche françaises, québécoises et canadiennes, et du Club de Rome.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 30 mai 2019

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