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Jennifer Lopes : Université de Montréal
La question de l’arrivée irrégulière des migrants, notamment des enfants, est cruciale pour la société canadienne. Malgré des efforts pour favoriser des solutions alternatives à la détention, 7126 adultes et 88 enfants migrants ont été détenus au Canada en 2018. L’incarcération d’enfants migrants soulève des enjeux politiques et sociaux sérieux sur le plan des droits humains. Le premier facteur préjudiciable est la judiciarisation. Notre recherche s’intéresse ainsi à la judiciarisation des enfants arrivant de manière irrégulière au Canada, soit sans détenir de visa approprié, et interroge leur accès aux droits et à la justice depuis leur arrestation jusqu’à la décision juridique sur leur statut. L’objectif premier est d’observer comment cette judiciarisation est nocive pour ces enfant et inefficace pour le gouvernement. Cette communication présentera les prémisses de notre enquête ethnographique menée au Québec et en Ontario afin de 1) comprendre l’incidence du droit international sur les discours, sur les décisions de recevabilité ou de rejet d’asile et sur les pratiques opérées au regard de ces enfants; 2) analyser la conception de l’enfant migrant par les professionnels intervenants auprès de cette population et d’observer les dynamiques d’interaction des différents acteurs; 3) cerner la construction de cette enfance transitoire en partant de l’analyse des paramètres prémigratoires, soit les dynamiques des flux migratoires des mineurs et les stratégies misent en place.
Parmi les difficultés qui prévalent entre les citoyens et le monde juridique au sein des sociétés démocratiques, l’accès au droit et à la justice représente l’un des principaux défis aujourd’hui. Ce phénomène est multiforme : méconnaissance du droit, incompréhension du langage juridique, méfiance des justiciables envers les praticiens, multiplication de l’autoreprésentation, désaffection des tribunaux, etc. Ces différentes situations problématiques portent à penser que l’accès au droit et à la justice est un révélateur incontournable pour observer, comprendre et expliquer les transformations juridiques et les changements sociaux dans les sociétés contemporaines.
Dans la francophonie, les sciences humaines et sociales peinent à constituer le problème de l’accès au droit et à la justice comme un objet d’étude « normal », de même qu’à le reconnaître comme un domaine de recherche « porteur ». On prend pour preuve l’absence d’une publication d’importance qui offre un panorama de la contribution des sciences humaines et sociales à l’avancement des connaissances relativement aux problèmes posés par l’accès au droit et à la justice dans les sociétés contemporaines.
Les travaux qui érigent l’accès au droit et à la justice en objet d’étude prolifèrent néanmoins aujourd’hui dans la francophonie, d’où l’intérêt de prendre acte de la recherche actuellement produite par rapport à ce problème. Pour ce faire, cinq axes d’interrogation structurent le colloque proposé : 1) Quels thèmes concernant l’accès au droit et à la justice retiennent l’attention des chercheurs en sciences humaines et sociales? 2) Quels terrains empiriques investissent-ils pour les explorer? 3) Quels concepts et quelles méthodes mobilisent-ils afin de les éclairer? 4) Quels sont les apports de ces recherches à la compréhension du monde juridique? 5) Quelles sont les perspectives d’avenir de la recherche en sciences humaines et sociales relativement à l’accès au droit et à la justice dans la francophonie?
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