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karine gibouleau : Travailleur autonome
Vous êtes conviés à une conversation autour de l'exposition d'oeuvres de mon récent projet Arnait (femmes en langue inuit). Par le biais de cette présentation, j'aborderai la question du rapprochement des peuples par l'art et la culture. Dans le contexte de l’appel à la réconciliation de la Commission de vérité et réconciliation du Canada, cette approche prend plus que jamais tout son sens. Sensible à la cause des Premières Nations, j’avais abordé avec le projet artistique Broken Circle (2016), le douloureux sujet des pensionnats autochtones. Le destin dramatique de la célèbre artiste Annie Pootoogook m’a conduit cette fois à la rencontre des arnait. Le paradoxe entre sa disparition tragique et sa lumineuse réussite m'a profondément bouleversé. Comment sa destinée singulière a-t-elle sombré, pour rejoindre celles de centaines de femmes et de filles autochtones, assassinées et disparues au pays ? Au cœur de ma démarche réside une amitié développée au fil de ses rencontres avec les femmes de la communauté inuit de Montréal impliquées dans cette exposition et ayant collaboré, pour certaines d’entre elles, à la création des œuvres présentées. Un hommage aux femmes inuites, à la diversité de leurs paysages intérieurs et extérieurs, à leur solidarité, à leur lumière.
L’année 2019 est déclarée « année internationale des langues autochtones » par l’ONU. Cette initiative fait écho à sa résolution sur les droits des peuples autochtones ainsi qu’aux valeurs de l’UNESCO et à sa mission éducative via l’Agenda 2030. Elle vise « la protection des droits humains, la consolidation de la paix et du développement durable, en assurant la diversité culturelle et le dialogue interculturel » (ONU, 2016). Dans ce contexte mondial, et en écho au thème du Congrès 2019 de l’ACFAS, deux Chaires UNESCO organisent un colloque conjoint sous le signe de l’éducation transformatoire par le dialogue : la Chaire UNESCO en « transmission culturelle chez les premiers peuples dans une dynamique de mieux-être et d’empowerment » (TCPPDMEE) de l’UQAC et la Chaire UNESCO en « démocratie, citoyenneté mondiale et éducation transformatoire » (DCMÉT) de l’UQO. L’Outaouais est fortement marqué par la présence autochtone, dont celle des Algonquins qui, d’ailleurs, n’ont jamais cédé leur souveraineté sur ce territoire. À Gatineau, le musée de l’histoire est l’œuvre de l’architecte autochtone Douglas Cardinal. Des initiatives témoignent de la transformation des relations entre Autochtones et Allochtones dans plusieurs domaines : arts, éducation, littérature, gouvernance, mouvements sociaux et médias. Or, on constate actuellement une forte résistance (populaire, politique et médiatique) face à la diversité. Des discours xénophobes sont exprimés ouvertement contre les peuples autochtones, les communautés racisées et les mouvements migratoires. Notre but est d’aborder ces enjeux liés à la persistance systémique des racismes, des colonialismes, des injustices et des inégalités sociales. Le colloque réunira divers acteurs sociaux, autochtones et allochtones, pour un dialogue contre-hégémonique mené dans un esprit de conciliation, sur la diversité des identités et des citoyennetés, selon trois axes thématiques : langues et cultures, savoirs et pratiques de transmission, et mouvements sociaux.
Titre du colloque :