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Sabrina TREMBLAY-HUET : Université de Sherbrooke
Bien que le domaine de la recherche juridique peine à s’intéresser au tourisme, un secteur pourtant caractérisé par une croissance annuelle exponentielle impressionnante, le droit est omniprésent en la matière, quoique fragmenté. Le droit participe au plus large ensemble discursif et normatif supranational entourant le tourisme, à toutes fins pratiques homogène dans sa promotion des effets positifs du secteur contrebalançant ses potentiels impacts négatifs. Le 15 septembre 2017, l’Organisation mondiale du tourisme adopta la Convention-cadre relative à l’éthique du tourisme. Son article 10 évoque un « droit au tourisme ». Il est pertinent de se questionner sur la contribution d’une telle consécration juridique de cette fiction, hissée au rang de droit humain, à la valorisation néolibérale des intérêts des élites touristiques et de la classe de loisirs, seule à pouvoir se prévaloir de ce « droit ». Les hiérarchies implicites contenues dans cette nouvelle Convention internationale sont donc analysées sous l’angle des rapports de pouvoirs imbriqués dans et reproduits par le droit, grâce à une théorisation critique inspirée des approches tiers-mondistes au droit international.
Avec 1,23 milliard de touristes internationaux en 2016 (UNWTO, 2017) et une prévision de 1,8 milliard pour 2030, le tourisme est un phénomène majeur de notre époque. La mobilité induite par le tourisme est au coeur des sociétés contemporaines, mais ces dernières sont aussi transformées par cette mobilité (Urry, 2007). En effet, les grands phénomènes environnementaux, sociaux et politiques traversent la question du tourisme : changements climatiques, réaménagement urbain, réfugiés, terrorisme, dématérialisation de l’économie et TIC, gentrification, etc. Le tourisme s’inscrit dans ces phénomènes qu’il transforme, voire intègre, d’où l’importance d’aborder la question du tourisme comme fait de société géographiquement situé.
Que ce soit dans la dimension sociale ou dans la dimension territoriale, le regard sur le tourisme ne peut en être un du tout blanc ou du tout noir. Le colloque propose de poser un regard critique sur ces phénomènes pour déterminer et analyser les lignes de tensions sociogéographiques produites par le tourisme, mais aussi internalisées par celui-ci, et ce, afin de mieux comprendre l’impact de ces lignes de tensions sur le tourisme, le territoire et la société, au Québec et ailleurs.
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