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Le réalisme scientifique et le défi des pluralités incompatibles permanentes

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Pierre-Yves Rochefort

Résumé de la communication

Au troisième chapitre de son ouvrage Pluralisme scientifique. Enjeux épistémiques et métaphysiques (2013), Stéphanie Ruphy examine la question de la représentation scientifique et conteste, dans ce contexte, la compatibilité d’une position pluraliste avec le réalisme scientifique. Son argument repose sur l’existence en astrophysique et en cosmologie de ce qu’elle appelle des cas de « pluralités incompatibles permanentes », c’est-à-dire l’existence permanente de représentations rivales (incompatibles) d’un même phénomène ou d’un même aspect d’un phénomène, qui bénéficient d’un support empirique et d’un pouvoir explicatif comparable. Il s’agira dans cette communication de montrer que la cible de Ruphy n’est pas le réalisme scientifique dans sa forme contemporaine, mais plutôt une version naïve selon laquelle la science serait en mesure de décrire littéralement la réalité. Dans sa forme contemporaine, le réalisme scientifique constitue une position nuancée qui tient compte des principales limites de la connaissance scientifique et qui est tout à fait compatible avec le pluralisme scientifique.

Résumé du colloque

Dès l’Antiquité, le dialogue déploie des implications morales, politiques et épistémologiques. Et depuis lors, il est demeuré un élément essentiel du paysage philosophique, autant comme pratique que comme objet de réflexion. Le dialogue a gagné en importance depuis le 20e siècle (on peut penser à Gadamer, à Ricœur, à Taylor, à Habermas, à la philosophie pour enfants, à l’éthique appliquée…), peut-être même une importance théorique proportionnellement inverse à ce qui semble aujourd’hui être sa faillite pratique dans l’espace public. À l’ère de la polarisation des opinions, le dialogue semble en effet de plus en plus difficile.

La notion de dialogue soulève de nombreuses questions qui concernent notamment sa définition, sa pratique, son importance dans la recherche de la vérité et ses conditions de possibilité. Ainsi, la réflexion sur le dialogue peut se déployer tant sur le plan métaphysique, épistémologique, politique qu’éthique. On pourrait s’intéresser à l’enseignement même de la philosophie, que plusieurs considèrent comme fondamentalement dialogique, ainsi qu’à son avenir quant à l’arrivée des nouvelles technologies et des offres de cours en ligne. On pourrait aussi s’intéresser aux grands dialogues entre philosophes qui ont marqué l’histoire de la philosophie ou aux dialogues que la philosophie a entretenus avec les autres sciences (humaines, pures, de la nature, de la santé…). Le dialogue entre les disciplines pourrait soulever des questions analogues à celui entre les étrangers, concernant notamment l’importance d’une langue commune aux interlocuteurs. Et qu’en est-il du dialogue interculturel ou interreligieux? Comment penser le dialogue entre les États, voire entre les individus, qui entretiennent des rapports de pouvoir asymétriques ou des rapports de domination? À l’instar de Platon, on pourrait aussi se questionner sur la possibilité du dialogue entre la personne qui sait et celle qui ne sait pas, entre la philosophie et le peuple.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 30 mai 2019

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