pen icon Colloque
quote

Le rite : une caractéristique propre du langage religieux ou un facteur de primitivisme religieux ?

TB

Membre a labase

THIA MARIUS BOU : GRTA

Résumé de la communication

Tout comme le rythme de ses danses, l’Africain a le rite dans ses gènes ; il lui colle à la peau. En effet, lorsqu’on parle de l’Afrique, quelques-unes des images qui viennent spontanément à l’esprit, ce sont ses fêtes, ses danses, ses célébrations cultuelles ancestrales très ritualisées. En clair, c’est sa forte ritualité. Une telle considération semble à certains égards, confiner et figer les cultures africaines dans leur caractère prémoderne, primitif. Dans ce sens, l’activité missionnaire et pastorale des Africains de la diaspora ne manque pas de susciter interrogations et questionnements. En effet, si pour certains la culture africaine peut contribuer à l’éveil spirituel dans le christianisme occidental, pour d’autres, sa grande ritualité pourrait être source d’obscurantisme et éloigner les chrétiens d’une spiritualité authentique. Les rites seraient-ils alors une spécificité de la culture africaine ? Ne feraient-ils pas plutôt partie des caractéristiques propres du langage religieux comme l’envisage Antoine Vergote ? A partir de quelques considérations autour de la question des prêtres venus d’ailleurs en Belgique, cette contribution se voudrait d’une part, un questionnement autour de la notion même de rite. D’autre part, elle se veut une réflexion pastorale autour des activités missionnaires de la diaspora africaine.

Résumé du colloque

On ne pense pas à l’Afrique sans imaginer ses rites, symboles, danses, marquages corporels, sacrifices, récits, rythmes, musiques et chants. Cette altérité exotique est le lieu de production d’un imaginaire présent déjà chez les premiers voyageurs au XVIe siècle.

L’Afrique apparaît sur les cartes mondiales sous la domination européenne, depuis le XVe siècle. Dans ce contexte, les esclaves noirs expatriés en Amérique du Sud réinventent la terre de leurs ancêtres et, avec elle, les croyances et les rites.

Au XIXe siècle, les missionnaires européens, convaincus de la « pureté » surnaturelle des traditions chrétiennes, y ont vu les rites d’une religion « naturelle », considérée tantôt comme « primitive » ou « naïve », tantôt comme « pervertie » et « maléfique ». De leur côté, les anthropologues ont vu dans l’exubérance rituelle africaine une occasion d’entrer en contact avec les origines perdues du symbolisme et d’étudier des sociétés prémodernes. À l’opposé des missionnaires, les anthropologues voulaient retrouver une société plus innocente et éloignée de tout ajout culturel. Si ces deux entreprises semblent par moment s’éloigner dans leurs objectifs, elles ont en commun de renvoyer vers la problématique de l’Afrique rituelle.

Au XXe siècle, dans la ligne des mouvements de décolonisation, protestants et catholiques entament l’« africanisation » de leurs liturgies. Sur le plan politique, le nativisme culturel ou la proclamation de l’authenticité des us, coutumes et rituels locaux d’un pays a souvent servi de terrain pour légitimer l’autorité et le pouvoir locaux.

De nos jours, l’attrait des primitivismes pousse bon nombre de touristes mystiques vers l’Afrique en quête d’expériences rituelles. De même, les diasporas africaines se font porteuses de processus de mondialisation des rites religieux, relayés notamment par le pentecôtisme, montrant que la déterritorialisation (Deleuze) des ensembles culturels s’opère à travers les individus et non les civilisations (Bastide).

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
news icon Thème du colloque :
L’Afrique des rites
section icon Date : 30 mai 2019

Découvrez d'autres communications scientifiques

news icon

Titre du colloque :

L’Afrique des rites

Autres communications du même congressiste :

news icon

Thème du colloque :

L’Afrique des rites