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Le rôle de l’intervenant dans les cours de justice

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Audrey-Anne Dumais Michaud : Université Laval

Résumé de la communication

Depuis le début des années 2000, une augmentation des tribunaux spécialisés voit le jour dans les cours municipales et les cours du Québec ciblant différentes problématiques : itinérance, santé mentale, violence conjugale, toxicomanie, etc. Ces tribunaux spécialisés ont été construits en tant qu'alternatives au processus judiciaire et à l’incarcération. Il existe maintenant plus de 350 de ces programmes aux États-Unis et au Canada. S’appuyant sur des principes de la justice thérapeutique, ces programmes sont appliqués en tenant compte des situations particulières des personnes accusées et des facteurs menant aux accusations. Intégrées à ces programmes, les intervenantes sociales sont appelées à jouer un rôle de premier plan tout au long de la trajectoire des personnes accusées. Elles devront entre autres, arrimer la personne accusée avec des services en santé et services sociaux, échanger des informations cliniques et criminelles entre les équipes hors tribunal et du tribunal et proposer des plans thérapeutiques et criminologiques conformes aux situations des personnes accusées. À partir de différentes enquêtes s’intéressant aux tribunaux de santé mentale, cette communication sera l’occasion de réfléchir aux rôles, aux logiques d’intervention et aux discours émanent des pratiques des intervenantes sociales intégrées à ces tribunaux spécialisés.

Résumé du colloque

Il y a, dans les sociétés contemporaines, une sollicitation récurrente à la justice pour gérer les rapports sociaux et les problèmes de la société (Blichner et Molander, 2008; Kaluszinski, 2007; Lemire, Langlois, Noreau et Rondeau, 1998). Cette réponse est apparente, entre autres, dans les situations impliquant la protection des enfants, la violence conjugale, les agressions sexuelles, l’itinérance, les difficultés de santé mentale, etc. Elle a pour effet de créer différents dispositifs d’intervention spécialisés, par exemple des tribunaux spécialisés (Ministère de la Justice, s. d.) ou encore des cellules d’interventions de crise telles que l’équipe de soutien aux urgences psychosociales (Sécurité publique Canada, s. d.). Le développement de ces dispositifs suscite différentes interrogations. Parmi celles-ci, des questionnements peuvent être soulevés relativement aux rôles, aux statuts (reconnaissance, rapports hiérarchiques, etc.) entre les intervenants concernés. Par exemple, il peut être à propos de s’interroger quant aux rôles auxquels adhèrent les acteurs au sein de ces dispositifs impliquant la multiprofessionnalité et quant à ceux qui leur sont attribués. Ces interrogations sont notamment soulevées puisqu’il semble y avoir certaines distinctions dans les écrits au sujet de l’intervention sociojudiciaire en violence conjugale par rapport aux rôles des acteurs concernés selon qu’ils sont appréhendés du point de vue des intervenants psychosociaux ou de celui des intervenants pénaux (voir Groulx, 2002; Lavergne, 1998). Qui plus est, comme la rencontre du social et du judiciaire crée de nouveaux univers de travail, il peut être opportun de se demander si ces univers multidisciplinaires ou interdisciplinaires influencent l’identité professionnelle des intervenants qui y exercent? Le colloque proposé vise à réfléchir à ce type de questions à partir de la perspective psychosociale.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
manager icon Responsables :
Célyne Lalande
section icon Date : 30 mai 2019

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