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Isabelle Raffestin : Université de Montréal
De plus en plus de tribunaux spécialisés ou programmes sociaux en milieu judiciaire, sont créés pour tenir compte de problématiques telles que l’itinérance, de certains accusés. Ils visent à leur éviter les va-et-vient devant les tribunaux et à briser le cycle de l’incarcération. Le contexte social est pris en compte par le système judiciaire dans une perspective de justice plus adaptée et « thérapeutique ». Les intervenants sociaux sont alors amenés à intervenir dans le système de justice, à côtoyer des acteurs judiciaires et sont confrontés à leurs visions du droit et de la justice. Ces facteurs influent sur leur rôle d’intervenant social. C’est dans le cadre du programme social de la cour municipale de Montréal s’adressant aux personnes itinérantes (programme PAJIC), né d’une collaboration entre la cour et le milieu communautaire, que sera abordé le thème du rôle d’accompagnement social en contexte judiciaire. Comment jouer son rôle d’intervenant social ? Jusqu’où va la défense des droits ? Comment trouver sa place et se faire reconnaitre ? Quels sont les avantages et les défis de la collaboration entre différents acteurs, tant pour les intervenants sociaux que pour les personnes auprès de qui ils interviennent, sont autant de questions qui seront abordées.
Il y a, dans les sociétés contemporaines, une sollicitation récurrente à la justice pour gérer les rapports sociaux et les problèmes de la société (Blichner et Molander, 2008; Kaluszinski, 2007; Lemire, Langlois, Noreau et Rondeau, 1998). Cette réponse est apparente, entre autres, dans les situations impliquant la protection des enfants, la violence conjugale, les agressions sexuelles, l’itinérance, les difficultés de santé mentale, etc. Elle a pour effet de créer différents dispositifs d’intervention spécialisés, par exemple des tribunaux spécialisés (Ministère de la Justice, s. d.) ou encore des cellules d’interventions de crise telles que l’équipe de soutien aux urgences psychosociales (Sécurité publique Canada, s. d.). Le développement de ces dispositifs suscite différentes interrogations. Parmi celles-ci, des questionnements peuvent être soulevés relativement aux rôles, aux statuts (reconnaissance, rapports hiérarchiques, etc.) entre les intervenants concernés. Par exemple, il peut être à propos de s’interroger quant aux rôles auxquels adhèrent les acteurs au sein de ces dispositifs impliquant la multiprofessionnalité et quant à ceux qui leur sont attribués. Ces interrogations sont notamment soulevées puisqu’il semble y avoir certaines distinctions dans les écrits au sujet de l’intervention sociojudiciaire en violence conjugale par rapport aux rôles des acteurs concernés selon qu’ils sont appréhendés du point de vue des intervenants psychosociaux ou de celui des intervenants pénaux (voir Groulx, 2002; Lavergne, 1998). Qui plus est, comme la rencontre du social et du judiciaire crée de nouveaux univers de travail, il peut être opportun de se demander si ces univers multidisciplinaires ou interdisciplinaires influencent l’identité professionnelle des intervenants qui y exercent? Le colloque proposé vise à réfléchir à ce type de questions à partir de la perspective psychosociale.
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