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Le travail en équipe : clé de voûte des structures éducatives alternatives ? Premiers éléments d’enquête dans les structures de la FESPI

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Sandrine Benasé-Rebeyrol : Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis

Résumé de la communication

Les équipes des 17 établissements de la FESPI sont engagées dans « un travail collégial et innovant [ne séparant pas] le pédagogique et l’organisation générale »; elles se distinguent ainsi des équipes « ordinaires » : membres volontaires, réalisation de tâches autres que l’enseignement, concertations, autonomie organisationnelle. Parce qu’institué, ce travail en équipe peut être étudié: qu’est-ce qu’on y fait ? Quelles dynamiques y sont à l’œuvre ? Pour répondre, nous focaliserons notre attention sur les réunions d’équipe, espace-temps privilégié du travail d’équipe. Une enquête réalisée auprès de plus de 130 professionnels de ces structures semble montrer au moins deux paradoxes : 1) des professionnels peu formés aux pratiques innovantes; 2) des réunions d’équipe associées à deux qualificatifs, l’un positif et l’autre négatif. Sur ce dernier point, une première explication ressort de l’enquête : des frustrations concernant les contenus des réunions de travail. Les outils proposés par la clinique d’orientation psychanalytique devraient offrir d’autres éclairages sur ces frustrations en mettant au jour les processus intersubjectifs à l’œuvre dans ces groupes.

Résumé du colloque

Dès la fin du XIXe siècle, la volonté de dépasser la tradition pédagogique en place dans les institutions scolaires engendre le mouvement des écoles nouvelles, porté par de grands pédagogues tels que Tolstoï, Dewey, Montessori, Ferrer, Claparède, Neil et Freinet. Au Québec, le mouvement des écoles alternatives apparaît au sein du système scolaire public à l’ouverture de l’école Jonathan en 1974 (RÉPAQ, 2008). Parallèlement, la pratique millénaire de l’apprentissage en famille (homeschooling) prend de l’expansion en Amérique du Nord et en Europe depuis la seconde moitié du XXe siècle (Gaither, 2008).

Aujourd’hui, en France, les écoles nouvelles connaissent un regain d’intérêt (Viaud, 2017). Les enseignants des écoles publiques sont de plus en plus nombreux à déclarer utiliser les pédagogies « nouvelles » : ils intègrent la pédagogie Montessori au sein d’écoles maternelles; ils appliquent la pédagogie coopérative (Freinet) dans leur classe; ils œuvrent dans des écoles membres de la Fédération des établissements scolaires publics innovants. Au Québec, le Réseau des écoles publiques alternatives témoigne également d’un nouvel élan, une vingtaine de projets de nouvelles écoles s’ajoutant aux 45 établissements existants (Conseil supérieur de l’éducation, 2016; Pion, 2016). De plus, la popularité grandissante de l’apprentissage en famille pousse les gouvernements à revoir leur législation pour préciser le rôle des instances publiques eu égard à cette forme d’éducation, notamment en France en 2016 (décret n° 2016-1452), au Québec en 2017-2018 (projet de loi no 144 et décret 644-2018) et en Suisse, où le canton de Vaud a récemment annoncé cette intention (Rippstein, 2018).

Encore peu étudiés dans la francophonie, ces mouvements éducatifs alternatifs doivent être mieux connus, compris et scientifiquement appuyés. En effet, ils soulèvent plusieurs questions pédagogiques, sociales et de gouvernance. De plus, leur étude présente des défis conceptuels et méthodologiques particuliers.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 30 mai 2019

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