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Alexandre Savioz : HES-SO
Au pied du Mont-Blanc, point culminant des Alpes, la Vallée de Chamonix représente un « haut-lieu » du tourisme alpin, et une destination qui adopte un positionnement stratégique dit de « ressource naturelle » sur le marché touristique. Néanmoins, les ressources naturelles et paysagères, qui font la renommée de la destination, sont aujourd’hui mises à mal par les conséquences des changements climatiques, ce qui est notamment visible à travers l’évolution des sites cryosphériques. Cette situation donne lieu à l’émergence de nouvelles pratiques touristiques, à l’instar du “tourisme scientifique” ou du “Last Chance Tourism”, qui attirent chaque année toujours plus de visiteurs. Parallèlement, elle est également à l’origine de conflits d’usage et d’aménagement de l’espace naturel. Alors que les promoteurs touristiques investissent de grands moyens dans l’adaptation des infrastructures touristiques aux effets des changements climatiques dans le but de maintenir son attractivité, les associations environnementales dénoncent une anthropisation sans fin de la montagne. Issu d’une initiative citoyenne et volontaire, un plan climat régional a été développé à la fin des années 2000. Cependant, face à un phénomène global et abstrait, qui apparaît très souvent comme lointain, les avis divergent concernant les mesures à entreprendre, entre fatalisme, scepticisme, optimisme et déni. Le plan climat, qui avait su mobiliser une partie des citoyens s’est rapidement estompé.
Avec 1,23 milliard de touristes internationaux en 2016 (UNWTO, 2017) et une prévision de 1,8 milliard pour 2030, le tourisme est un phénomène majeur de notre époque. La mobilité induite par le tourisme est au coeur des sociétés contemporaines, mais ces dernières sont aussi transformées par cette mobilité (Urry, 2007). En effet, les grands phénomènes environnementaux, sociaux et politiques traversent la question du tourisme : changements climatiques, réaménagement urbain, réfugiés, terrorisme, dématérialisation de l’économie et TIC, gentrification, etc. Le tourisme s’inscrit dans ces phénomènes qu’il transforme, voire intègre, d’où l’importance d’aborder la question du tourisme comme fait de société géographiquement situé.
Que ce soit dans la dimension sociale ou dans la dimension territoriale, le regard sur le tourisme ne peut en être un du tout blanc ou du tout noir. Le colloque propose de poser un regard critique sur ces phénomènes pour déterminer et analyser les lignes de tensions sociogéographiques produites par le tourisme, mais aussi internalisées par celui-ci, et ce, afin de mieux comprendre l’impact de ces lignes de tensions sur le tourisme, le territoire et la société, au Québec et ailleurs.
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