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Jalila Ait Soudane : Université Mohammed V de Rabat
L’augmentation spectaculaire du chômage des jeunes diplômés a complètement bouleversé le marché du travail dans de nombreux pays en développement. De nouveaux éléments interviennent et complexifient la relation éducation-croissance. On note en effet un élargissement de l'éventail des processus pris en compte mais aussi de la nature des connaissances, à présent étendues aux pratiques et aux aspects tacites au travers notamment de la notion de compétence. Il apparaît ainsi que l'accumulation des connaissances ne résulte plus seulement du système éducatif.
La question de l’adéquation du système d’éducation et de formation avec le marché de l’emploi au Maroc est l’objet d’une attention soutenue de la part des pouvoirs publics. Il s’avère que les jeunes en général et les diplômés en particulier connaissent des difficultés croissantes pour s’insérer dans le marché de l’emploi. Divers programmes d’aides à l’insertion ont été mis en place par les pouvoirs publics pour améliorer cette insertion.
L’objet de ce travail consiste à analyser les facteurs qui favorisent ou limitent l’accès à l’emploi chez les jeunes diplômés de l’enseignement supérieur, à faire le suivi de leur insertion et enfin à évaluer l’adéquation entre l’emploi occupé et le diplôme obtenu.
Sur le plan méthodologique, nous analysons les données de différentes enquêtes nationales sur l’emploi et d’une enquête menée auprès des diplômés de l’enseignement supérieur de la promotion 2016 et 2017.
Organisé par l’Observatoire de la Francophonie économique de l’Université de Montréal en collaboration avec l’Observatoire Jeunes et Société de l’INRS, ce colloque porte sur la transition des jeunes des études vers le marché du travail au Canada et ailleurs dans le monde.
Dans tous les pays du monde, la jeunesse représente un potentiel de développement économique important. Même si les gouvernements accordent beaucoup de ressources à l’éducation, ce qui a permis de réaliser des progrès considérables sur le plan de la scolarisation des jeunes, il n’est pas certain que les occasions que représentent ces derniers sont concrétisées. Dans les faits, plusieurs économies éprouvent des difficultés à intégrer les jeunes au marché du travail et à tirer profit de leur potentiel productif. Ces difficultés découlent, d’une part, du fait que les systèmes éducatifs ne parviennent pas à former des jeunes qui répondent adéquatement aux besoins du marché du travail et, d’autre part, des faibles performances des économies en matière de création d’emplois productifs et de qualité au profit des nouveaux arrivants sur le marché du travail. Les taux de décrochage scolaire, les taux de surqualification professionnelle et la précarisation de l’emploi illustrent bien les difficultés en question.
Dans le cadre de ce colloque, nous procédons, dans un premier temps, à un examen de la situation des jeunes au Québec afin de jauger dans quelle mesure les ressources accordées à l’éducation par l’ensemble de la société sont rentabilisées dans le marché du travail. Par la suite, il s’agit d’examiner certaines pratiques impliquant le milieu du travail qui sont à même de faciliter la transition des jeunes du système éducatif vers le marché du travail et de permettre à l’économie de tirer le meilleur parti de son capital humain.
Enfin, le colloque est également l’occasion d’analyser les déterminants de l’exclusion des jeunes de l’emploi et de prendre connaissance de l’expérience de plusieurs pays en Afrique et en Asie.
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