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Les différents niveaux de théorisation de la délibération : Entre Rawls et Habermas

JG

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Jérôme Gosselin-Tapp : Queen's University

Résumé de la communication

Cette conférence porte sur un des aspects du débat entre Rawls et Habermas en proposant une analyse des implications des deux différents niveaux de théorisation que ces deux philosophes empruntent dans leurs entreprises philosophiques respectives. Habermas s'est en effet montré plutôt sceptique à l'égard de la procédure de la position originelle telle que proposée par Rawls. La posture monologique du voile d’ignorance lui apparait comme insuffisante, en elle-même du moins, pour donner une légitimité à des principes de justice. Or, Rawls est conscient qu'il n'est pas adéquat de poser le problème de l’acceptation réelle des principes en présupposant une validité épistémique établie sur des bases strictement monologiques.

C'est en ce sens que nous avons affaire à deux niveaux de théorisation distincts, mais non incompatibles. Le premier niveau serait celui qui relève de la procédure strictement spéculative qu’est la position originelle. Il y aurait aussi un second niveau de théorisation dans lequel les principes doivent être soumis au débat public dans le but de parvenir à un consensus par recoupements. Les principes obtenus à la première étape ont une valeur strictement heuristique et indiquent seulement ce sur quoi pourrait peut-être s’appuyer ensuite un tel consensus. L'objectif de cette conférence est de montrer la fécondité d'une conception en deux temps de la délibération démocratique pour résoudre certains enjeux à la fois théoriques et pratiques en philosophie politique.

Résumé du colloque

Dès l’Antiquité, le dialogue déploie des implications morales, politiques et épistémologiques. Et depuis lors, il est demeuré un élément essentiel du paysage philosophique, autant comme pratique que comme objet de réflexion. Le dialogue a gagné en importance depuis le 20e siècle (on peut penser à Gadamer, à Ricœur, à Taylor, à Habermas, à la philosophie pour enfants, à l’éthique appliquée…), peut-être même une importance théorique proportionnellement inverse à ce qui semble aujourd’hui être sa faillite pratique dans l’espace public. À l’ère de la polarisation des opinions, le dialogue semble en effet de plus en plus difficile.

La notion de dialogue soulève de nombreuses questions qui concernent notamment sa définition, sa pratique, son importance dans la recherche de la vérité et ses conditions de possibilité. Ainsi, la réflexion sur le dialogue peut se déployer tant sur le plan métaphysique, épistémologique, politique qu’éthique. On pourrait s’intéresser à l’enseignement même de la philosophie, que plusieurs considèrent comme fondamentalement dialogique, ainsi qu’à son avenir quant à l’arrivée des nouvelles technologies et des offres de cours en ligne. On pourrait aussi s’intéresser aux grands dialogues entre philosophes qui ont marqué l’histoire de la philosophie ou aux dialogues que la philosophie a entretenus avec les autres sciences (humaines, pures, de la nature, de la santé…). Le dialogue entre les disciplines pourrait soulever des questions analogues à celui entre les étrangers, concernant notamment l’importance d’une langue commune aux interlocuteurs. Et qu’en est-il du dialogue interculturel ou interreligieux? Comment penser le dialogue entre les États, voire entre les individus, qui entretiennent des rapports de pouvoir asymétriques ou des rapports de domination? À l’instar de Platon, on pourrait aussi se questionner sur la possibilité du dialogue entre la personne qui sait et celle qui ne sait pas, entre la philosophie et le peuple.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 30 mai 2019

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