Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Rachel Berthiaume : Université de Montréal
Pour les élèves du primaire, maitriser le français écrit est un défi important puisqu’ils sont amenés à travailler des textes scolaires qui augmentent en complexité, en particulier à partir du 2e cycle (Chall et coll., 1990). Pour être en mesure de développer leur vocabulaire ainsi que leur compétence à lire et à orthographier, ces élèves doivent être amenés à se familiariser avec les trois dimensions qui caractérisent les mots, soit 1) leur forme, 2) leur sens et 3) leur utilisation (Beck et coll., 2013; Hiebert et Martin, 2009; Nagy, 2007; Nation, 2001). Or, la pratique la plus répandue, au Québec, pour enseigner du vocabulaire se rapporte à l’utilisation de listes de mots que les élèves doivent apprendre à la maison et qui sont principalement évaluées en classe à l’aide de dictées dans une perspective de réussite orthographique (Mansour, 2012). L’objectif de cette communication est de rendre compte des effets d’un dispositif d’enseignement explicite du vocabulaire expérimenté auprès de 12 classes de la 4e année du primaire sur le développement des connaissances lexicales ainsi que de la compétence à lire et à orthographier des participants. Dans un premier temps, les résultats obtenus seront présentés. Dans un deuxième temps, des pratiques pédagogiques issues de cette étude seront exemplifiées de manière à pouvoir être transposées à toutes les années du primaire dans le but de contribuer à fournir aux intervenants des outils pour mieux travailler le vocabulaire en classe.
Le vocabulaire joue un rôle majeur dans la réussite scolaire (Biemiller, 2011), non seulement en français, mais aussi dans les autres disciplines. La section Lexique de la Progression des apprentissages (MELS, 2009), de même que la liste orthographique pour le primaire (MELS, 2014) soulignent d’ailleurs une volonté ministérielle de valoriser l’enseignement du lexique au Québec. Les instructions officielles en France et en Belgique font elles aussi une large part à la question du lexique. Paradoxalement, le vocabulaire continue d’être peu enseigné au primaire et au secondaire (Dreyfus, 2004; Anctil, 2011), ce que confirment les résultats de récentes recherches portant respectivement sur les pratiques d’enseignement du vocabulaire au primaire (Anctil, 2018) et sur l’utilisation du dictionnaire par les enseignants du primaire et du secondaire (Tremblay, 2018). De plus, malgré le fait que ce volet de l’enseignement de la langue intéresse de plus en plus les didacticiens, les recherches menées en contexte francophone demeurent éparses et les publications scientifiques en français sur ce sujet sont relativement peu nombreuses (Nonnon, 2012). En ce sens, il nous paraît important de favoriser la mise en commun des travaux en didactique du lexique à l’intérieur d’une rencontre scientifique régulière réunissant des chercheurs québécois et européens, comme nous l’avons fait en 2015 et en 2017 dans le cadre de l’Acfas.
Nous reprendrons la structuration en quatre axes des colloques précédents : 1) lexique et contenus d’enseignement (choix des mots à enseigner, notions lexicales à l’étude, pertinence didactique des contenus, etc.); 2) enseignants et enseignement du lexique (pratiques, formation initiale et continue, etc.); 3) élèves et apprentissage du vocabulaire (disparités lexicales chez les élèves, évaluation de la compétence lexicale, besoins des élèves allophones, etc.); et 4) ressources pour l’enseignement du lexique (manuels, listes de mots, dictionnaire, littérature, etc.).
Titre du colloque :
Thème du colloque :