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Chantal NDAMI : Université Toulouse-Jean-Jaurès
Le Cameroun a connu, à partir des années 1950, une transformation radicale des modèles de production agricole familiale due à l’introduction des cultures d’exportation. Ces cultures ont contribué à bousculer les rapports sociaux, notamment ceux de genre, en renforçant les inégalités préexistantes et en réduisant le poids économique des femmes. Concrètement, dans des sociétés où la production agricole vivrière reposait essentiellement sur le travail des femmes, la diffusion de ces cultures a fait peser une menace réelle sur l’équilibre alimentaire des familles. Au Cameroun, en pays bamiléké, c’est l’un des arguments évoqués par l’administration coloniale pour justifier ses mesures restrictives à l’accès à la culture du café. Ces cultures ont en effet transformé les modalités d’accès à la terre ou encore d’utilisation de la main d’œuvre, notamment celle des femmes. Pour ces dernières, il a fallu s’adapter à la nouvelle donne, d’autant plus qu’au même moment, la croissance des villes et la demande en produits vivriers des citadins offraient des opportunités aux agricultrices.
Cette contribution explore la manière dont les femmes ont mobilisé leurs savoirs et leurs expertises dans le travail agricole. Ces savoirs sont aujourd’hui largement ignorés dans les politiques de développement, pour faire face aux contraintes imposées par l’économie de plantation et assurer l’autosuffisance alimentaire de leurs familles, tout en luttant contre l’érosion de leurs droits économiques.
Après plus d’un demi-siècle de mise en œuvre de stratégies de développement, les conditions de vie d’une grande partie de la population ont empiré dans les pays d’Afrique. Ces stratégies ont plutôt conduit à une aggravation des inégalités dans la répartition des revenus et à une exacerbation des inégalités de genre. Les inégalités de revenus liées au genre sont alarmantes et conduisent à une « féminisation de la pauvreté ». Cependant, les femmes, dans la société africaine, ont toujours occupé une place primordiale dans l’amélioration des conditions de vie des communautés. Dans le domaine de l’agriculture, par exemple, elles ont le monopole de la filière de production des cultures vivrières, qui assure la sécurité alimentaire dans les pays africains. Par ailleurs, à l’heure où différents analystes économiques prévoient le maintien de la reprise économique en Afrique pour les prochaines années, il importe de favoriser la prise en compte des initiatives des femmes dans l’élaboration de politiques de développement pour un développement socialement durable. Dans ce contexte, ce colloque se veut un lieu de dialogue entre les chercheur-e-s et les praticien-ne-s afin de contribuer à mettre en exergue le rôle des femmes africaines dans le développement du continent.
Ce colloque se propose de répondre aux questions suivantes : 1) Quel est le bilan de la thématique « femmes et développement »? Quels sont les nouveaux défis? 2) Comment ces défis sont-ils intégrés dans les objectifs de développement durable (ODD) ainsi que dans les politiques et stratégies de développement des pays africains? 3) Les féminismes du Sud ou le genre en Afrique dans les théories sur l’émancipation des femmes : quels enjeux? La question de la mobilisation des femmes autour d’enjeux spécifiques : où en est l’Afrique? 4) Comment les milieux ruraux se restructurent-ils sous l’influence des initiatives des femmes? et 5) Entrepreneuriat féminin, économie sociale et health care : quelles actions pour quels résultats?
Titre du colloque :