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Christophe Gremion : Haute école fédérale en formation professionnelle
La didactique professionnelle, telle qu’elle est conçue à l’IFFP, s’articule autour de trois idées forces :
1) la référentialisation des situations-métier qui permet, par un travail d’analyse de l’activité, l’identification des référents propres au genre professionnel ;
2) l’analyse du travail, qui propose à l’apprenti d’évaluer des situations dans un but d’appropriation de ces référents ;
3) l’apprentissage en situation qui, quant à lui, permet à l’apprenti d’analyser par autoévaluation sa propre action et de la confronter ainsi aux normes du métier précédemment identifiées.
Ce modèle de didactique professionnelle peut être efficacement soutenu par les outils numériques actuels. Il vous sera présenté à travers un exemple de cours d’ébénisterie. Au centre de cette activité, la vidéo et le smartphone sont utilisés dans différents buts : visualiser une vidéo dans une logique proche de celle de la classe inversée, analyser une vidéo pour identifier les erreurs à ne pas commettre, filmer son propre geste pour soutenir l’autoévaluation.
Nous prendrons ensuite un temps pour analyser l’impact de cette démarche sur l’apprentissage, occasion de penser autrement l’alternance en formation professionnelle.
Les formations professionnalisantes, dont les formations à l’enseignement font partie, peuvent être conçues selon plusieurs modalités. Entre des formations centrées sur les compétences purement universitaires et des formations s’intéressant principalement aux compétences non universitaires, de nombreuses ingénieries de formation ont vu le jour durant les dernières décennies, l’alternance et l’apprentissage par situations en étant deux exemples emblématiques. Mais l’organisation de l’alternance varie fortement d’une institution à l’autre. Ainsi, si certaines écoles organisent la formation pratique autour de quelques semaines de stage par année, d’autres proposent une formation en cours d’emploi qui place l’expérience au centre du dispositif. Les intentions de formation aussi divergent grandement, la place de la réflexivité individuelle variant fortement que l’on se trouve dans un modèle à compétence minimale ou dans un modèle à professionnalisme ouvert.
Pour que l’expérience devienne expérimentation ou pour que le savoir universitaire puisse être mobilisé dans une situation, un travail de médiatisation est nécessaire. Mais l’analyse de pratiques, nécessaire à ce travail de médiatisation, ne se fait que difficilement seul et l’accompagnement, mis au service de la création des liens théorie-pratique, s’est imposé dans la plupart des formations professionnalisantes.
Ainsi, pour que la formation et l’évaluation soient efficacement mises au service des ingénieries de l’alternance à visée professionnalisante, il est légitime de se questionner sur les formes de formation ainsi que sur l’objet de l’évaluation.
L’objet de ce colloque est de se demander comment les savoirs de la pratique, pour la pratique et sur la pratique sont proposés et utilisés dans les formations professionnelles en alternance, ce qui fait l’objet de l’évaluation et en dicte les modalités, et de se demander quels en sont les effets sur la professionnalisation des acteurs.
Titre du colloque :