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Catherine Tobola Couchepin : Haute école pédagogique
La communication présentera le dispositif de formation en alternance proposé aux enseignant·e·s en formation du niveau Bachelor de la Haute École Pédagogique du Valais (HEP-VS, Suisse). Ce dispositif-interface, à la croisée des didactiques, du transversal et du terrain (classe de stage) permet de construire la réflexivité en formation à l’enseignement (Buysse & Vanhulle, 2009).
À partir d’une analyse de contenu des documents officiels produits par la HEP (soit les objectifs de stage, les critères d’évaluation, les guides d’écriture réflexive et les documents d’orientation produits pour orienter les stagiaires et les praticiens formateurs), nous pourrons décrire les modalités d’accompagnement des stagiaires (voir aussi Périsset, 2009) et mettrons en valeur cet accompagnement par les professionnel·le·s s du terrain et de la HEP ainsi que les points de synergie permettant de tisser des ponts entre savoirs de la pratique, pour la pratique et sur la pratique (Maubant, 2007).
Au cœur du dispositif, la progression de l’autonomie, du développement des compétences professionnelles et la progressivité du curriculum (Lebeaume, 2000) soulèvent plusieurs questions que nous exemplifierons et dont nous souhaitons débattre: quelles attentes à l’issue de chaque stage et en fin de formation, et comment les compétences y sont-elles évaluées? Leur développement se fait-il de manière spiralaire en tenant compte de la progressivité souhaitée ou est-il linéaire ?
Les formations professionnalisantes, dont les formations à l’enseignement font partie, peuvent être conçues selon plusieurs modalités. Entre des formations centrées sur les compétences purement universitaires et des formations s’intéressant principalement aux compétences non universitaires, de nombreuses ingénieries de formation ont vu le jour durant les dernières décennies, l’alternance et l’apprentissage par situations en étant deux exemples emblématiques. Mais l’organisation de l’alternance varie fortement d’une institution à l’autre. Ainsi, si certaines écoles organisent la formation pratique autour de quelques semaines de stage par année, d’autres proposent une formation en cours d’emploi qui place l’expérience au centre du dispositif. Les intentions de formation aussi divergent grandement, la place de la réflexivité individuelle variant fortement que l’on se trouve dans un modèle à compétence minimale ou dans un modèle à professionnalisme ouvert.
Pour que l’expérience devienne expérimentation ou pour que le savoir universitaire puisse être mobilisé dans une situation, un travail de médiatisation est nécessaire. Mais l’analyse de pratiques, nécessaire à ce travail de médiatisation, ne se fait que difficilement seul et l’accompagnement, mis au service de la création des liens théorie-pratique, s’est imposé dans la plupart des formations professionnalisantes.
Ainsi, pour que la formation et l’évaluation soient efficacement mises au service des ingénieries de l’alternance à visée professionnalisante, il est légitime de se questionner sur les formes de formation ainsi que sur l’objet de l’évaluation.
L’objet de ce colloque est de se demander comment les savoirs de la pratique, pour la pratique et sur la pratique sont proposés et utilisés dans les formations professionnelles en alternance, ce qui fait l’objet de l’évaluation et en dicte les modalités, et de se demander quels en sont les effets sur la professionnalisation des acteurs.
Titre du colloque :