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Nancy Lachance : CIUSSS de la Capitale-Nationale
Le mandat du Bureau du majeur inapte (BMI) est d’assurer des services administratifs et du soutien clinique dans l’application de mesures de protection aux personnes majeures, et ce, pour l’ensemble des clientèles du territoire du CIUSSS de la Capitale-Nationale. Nos interventions se trouvent quotidiennement à la frontière des deux mondes de l’intervention clinique et du juridique et elles sont transversales dans l’établissement auprès de plusieurs clientèles ainsi que de multiples problématiques.
Ainsi, au quotidien, les professionnels de toutes les directions concernées (santé mentale, déficience intellectuelle et troubles du spectre de l’autisme, personnes âgées, itinérance) font appel à l’équipe spécialisée du BMI pour du soutien clinique. Nous avons rapidement constaté le besoin de développer un outil adapté aux situations cliniques rencontrées, soit la grille d’évaluation en quatre axes.
Les quatre axes suivants sont analysés de façon exhaustive afin de statuer sur le besoin de protection et l’urgence d’agir : les facteurs de vulnérabilité, les facteurs de risque, les facteurs de protection et les préjudices encourus ou à venir. Lors de notre exposé, nous allons présenter les objectifs de l’évaluation du besoin de protection, définir les quatre axes et la façon de mettre en perspective les données recueillies et illustrer notre propos par des exemples cliniques concrets. Finalement nous allons décrire le rôle des travailleuses sociales qui œuvrent au BMI.
Il y a, dans les sociétés contemporaines, une sollicitation récurrente à la justice pour gérer les rapports sociaux et les problèmes de la société (Blichner et Molander, 2008; Kaluszinski, 2007; Lemire, Langlois, Noreau et Rondeau, 1998). Cette réponse est apparente, entre autres, dans les situations impliquant la protection des enfants, la violence conjugale, les agressions sexuelles, l’itinérance, les difficultés de santé mentale, etc. Elle a pour effet de créer différents dispositifs d’intervention spécialisés, par exemple des tribunaux spécialisés (Ministère de la Justice, s. d.) ou encore des cellules d’interventions de crise telles que l’équipe de soutien aux urgences psychosociales (Sécurité publique Canada, s. d.). Le développement de ces dispositifs suscite différentes interrogations. Parmi celles-ci, des questionnements peuvent être soulevés relativement aux rôles, aux statuts (reconnaissance, rapports hiérarchiques, etc.) entre les intervenants concernés. Par exemple, il peut être à propos de s’interroger quant aux rôles auxquels adhèrent les acteurs au sein de ces dispositifs impliquant la multiprofessionnalité et quant à ceux qui leur sont attribués. Ces interrogations sont notamment soulevées puisqu’il semble y avoir certaines distinctions dans les écrits au sujet de l’intervention sociojudiciaire en violence conjugale par rapport aux rôles des acteurs concernés selon qu’ils sont appréhendés du point de vue des intervenants psychosociaux ou de celui des intervenants pénaux (voir Groulx, 2002; Lavergne, 1998). Qui plus est, comme la rencontre du social et du judiciaire crée de nouveaux univers de travail, il peut être opportun de se demander si ces univers multidisciplinaires ou interdisciplinaires influencent l’identité professionnelle des intervenants qui y exercent? Le colloque proposé vise à réfléchir à ce type de questions à partir de la perspective psychosociale.
Titre du colloque :