Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Martin Normand : Association des collèges et universités de la francophonie canadienne
Dans un article récent, le Groupe de recherche interdisciplinaire sur les pratiques d’offre active de services en français (Cardinal et coll. 2018) fait état des difficultés, pour les chercheurs et pour les réseaux et entités veillant à la planification des services en français (SEF), d’obtenir des données fiables sur la disponibilité des SEF en santé mentale en Ontario. Comment les usagers de ces services composent avec ces difficultés? L’objectif de cette communication est de présenter l’expérience des usagers des services de santé mentale en français dans les régions de Hamilton et de Niagara. Les propos des usagers ont été recueillis lors de groupes de discussion qui ont eu lieu à Hamilton et à Welland à l’été 2017 organisés en collaboration avec le Centre de santé communautaire Hamilton/Niagara (CSCHN). Les usagers y ont relaté leurs difficultés à trouver les SEF et les conséquences sur leur santé mentale de peiner à recevoir des SEF, en soulignant notamment l’importance de la communication dans la relation de soins en santé mentale. Ils discutent aussi des avantages d’avoir accès à des services offerts par un centre de santé géré par et pour les francophones. Les propos recueillis corroborent les travaux sur l’effet des barrières linguistiques en santé et sur l’importance de la concordance linguistique entre patients et professionnels et les résultats de l’analyse d’entretiens menés avec des employés du CSCHN sur les pratiques d’offre active au sein de l’établissement.
Depuis le premier plan d’action pour les langues officielles du Canada (2003-2008) contenant des objectifs d’amélioration de la santé des communautés de langue officielle en situation minoritaire (CLOSM) et les feuilles de route subséquentes (2008-2013 et 2013-2018), la recherche dans ce domaine s’est intensifiée et de nombreuses nouvelles connaissances ont ainsi été créées. Il faut maintenant se questionner sur la mobilisation de ces connaissances.
La mobilisation des connaissances englobe un large éventail d’activités liées à la production et à l’utilisation des résultats de la recherche, notamment la synthèse et la diffusion de connaissances, ainsi que la création et la production conjointes par les chercheurs et les utilisateurs des connaissances (CRSH, 2018). Elle vise la mise en valeur des résultats de la recherche pour leur utilisation stratégique.
Dans l’optique de l’application des connaissances intégrées (IRSC, 2012), plusieurs chercheurs optent pour l’inclusion d’usagers des CLOSM et des décideurs dans leurs recherches. Ceci a des avantages uniques : la recherche est guidée par les principes d’inclusion et de coconstruction des connaissances et se concentre davantage sur les priorités retenues par ces groupes. Dans le contexte des CLOSM, l’appropriation des résultats de recherche prend toute son importance, car il s’agit de connaissances spécifiques se rapportant à des situations et à des besoins particuliers de ces populations.
Il y a néanmoins des enjeux, dont celui de la représentativité des différentes communautés francophones au pays et celui de rejoindre des décideurs qui souvent font partie du groupe linguistique majoritaire. Par exemple : la connaissance produite en Ontario s’applique-t-elle en Alberta? quelle recherche est nécessaire pour influencer les décideurs? comment faire en sorte que les connaissances aident à changer les politiques, à favoriser une organisation de services linguistiquement adaptés et à améliorer l’accès à ces services?
Titre du colloque :
Thème du colloque :