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Isabelle Clerc
L’adaptation de la correspondance administrative de l’État, tant au fédéral (Agence du revenu du Canada, 2014) qu’au provincial, exige de repenser le texte dans tous ses aspects communicationnels (Clerc et Kavanagh, 2006), mais également dans une optique de génération automatique des paragraphes types étant donné le virage numérique emprunté par l’État (Québec, 2018). Plusieurs ministères et organismes sont déjà en train d’implanter des façons de faire pour automatiser l’émission des lettres adressées aux citoyens dans l’optique d’accélérer le processus, d’uniformiser le propos et de le clarifier.
Dans le cadre d’un contrat de recherche pour une société d’État québécoise visant la réécriture d’un corpus de 3000 lettres administratives, le Groupe Rédiger a tout d’abord été amené à poser un diagnostic des difficultés de compréhension d’un échantillon de lettres. Le diagnostic devait orienter le travail de réécriture des 300 premières lettres formant le projet pilote d’un chantier comportant plusieurs phases. L’analyse a permis de dégager les 2 grandes orientations, les 5 principes et les 39 recommandations à partir desquels le travail de réécriture pour le projet pilote a été amorcé.
La communication proposée a pour but de décrire le travail d’uniformisation entrepris, d’en révéler les écueils et d’indiquer les solutions envisagées pour éviter qu’un tel problème se répète dans la phase 2 du contrat, sachant qu’à 3000 lettres correspondront environ 18 000 paragraphes types.
Nous retrouvons l’adaptation de textes sous une multitude de formes et nous y avons recours dans plusieurs domaines différents. Pour certains, l’adaptation de textes est un processus de reterritorialisation du texte de départ (Brisset, 1986). D’autres la définissent comme une forme de naturalisation visant à produire le même effet que l’original (Santoyo, 1989). L’adaptation Web, pour sa part, suppose la révision et la modification de l’ensemble des aspects communicationnels d’un document (Kavanagh, 2007). S’il peut être utile de dresser une typologie de l’adaptation de textes, nous devons tenir compte du fait qu’elle se moque bien de la sempiternelle fidélité absolue à l’original : dans tous les cas, elle sollicite la créativité du langagier, qu’il soit rédacteur ou traducteur. Cette activité est donc davantage de l’ordre de la recréation que de la traduction ou de la rédaction. Cependant, adaptation de textes ne saurait rimer avec liberté inconditionnelle. En effet, c’est l’existence de limites qui permet la définition d’un espace de l’adaptation et, par là même, de l’activité rédactionnelle ou traduisante. Les règles servent de tremplin à la création au sein de limites préétablies.
Ce colloque aimerait susciter une prise en compte des dimensions culturelle et interdisciplinaire de l’adaptation de textes. En effet, celle-ci s’impose de façon différente selon les domaines, les situations et les cultures. Dès lors, le défi est double, car il faut négocier l’adaptation entre un contexte global et territorial.
Ce colloque interdisciplinaire invite des communications sur l’adaptation de textes (depuis ou vers le français et l’anglais si le thème est la traduction) dans les domaines littéraire ou pragmatique : adaptation cinématographique, traduction théâtrale, publicitaire ou audiovisuelle, vulgarisation de textes scientifiques ou techniques, adaptation Web, rédaction devant tenir compte de supports choisis, de publics visés ou de contraintes éditoriales, etc.
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