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Elaine Leclaire : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières
Le jeu est le principal moteur du développement global des enfants en maternelle (Yogman et al., 2018), il n’est donc pas surprenant de retrouver le jeu au centre du programme ministériel au préscolaire (Gouvernement du Québec, 2001). Malgré ces recommandations, le jeu perd du terrain au profit d’une scolarisation précoce (Lebrun-Niesing et Marinova, 2016). Cependant, peu d’études rapportent la place qu’occupe le jeu en classe maternelle au Québec. Dans cette étude de cas multiple de type exploratoire descriptive, nous portons un regard sur le playfulness des enfants, un état d’esprit central au jeu (Skard et Bundy, 2008) qui se manifeste dans le comportement (Bateson et Martin, 2013). Un haut niveau de playfulness permet à l’enfant de retirer plus de bénéfices de son jeu (Pinchover, 2017), et il est sensible à l’environnement social et physique de l’enfant (Bundy et al., 2001). Les manifestations du playfulness ont été documentés lors de neuf situations d’apprentissages réparties dans trois classes maternelles guidées par des approches pédagogiques différentes. Des observations à l’aide de grilles (Skard et Bundy, 2008) et de notes inductives ont été réalisées, et des entrevues semi-dirigées ont été menées avec les enfants. La collecte de données étant terminée, cette affiche présente également les méthodes d’analyse anticipées.
Les programmes d’éducation à la petite enfance (services de garde éducatifs et préscolaires) sont des contextes de rencontres entre la culture familiale et institutionnelle. Pour les familles issues de l’immigration, la fréquentation de ces services est souvent l’une des premières expériences d’imprégnation culturelle et linguistique qu’elles vivent de façon régulière et continue. Or, les recherches suggèrent que les jeunes enfants parlant une langue autre que le français sont perçus comme présentant des manques, plutôt que de profiter de leur potentiel de devenir plurilingues (Young, 2013). Divers écrits traitent des difficultés de communication avec l’enfant et sa famille et de l’apprentissage du français (Crutzen et Lucchini, 2007), mais moins souvent de la richesse que l’éveil à d’autres langues et cultures apporte aux enfants francophones (Armand, Hardy et Lemay, 2014; Audet, 2011) et de l’importance de l’éducation à la petite enfance pour l’établissement d’un respect et d’une valorisation de la diversité (Armand, 2014; Borri-Anadon et Duplessis-Masson, 2016).
Cette situation nous amène à nous questionner sur les pratiques éducatives mises en place dans les contextes éducatifs de la petite enfance qui reconnaissent et valorisent la diversité culturelle et linguistique, et nous invite à y penser avec les différents acteurs qui gravitent autour des enfants. L’enfant qui fréquente les milieux éducatifs y arrive avec des valeurs et des connaissances issues de son contexte familial. Afin de l’accueillir dans toute son unicité (MELS, 2001; MFA, 2007; MEESR, 2017), son milieu d’accueil doit reconnaître et respecter les diverses cultures dans lesquelles l’enfant vit. Ce symposium sera l’occasion pour les acteurs des milieux universitaires et de pratique de réfléchir à l’accueil des jeunes enfants et au respect de leur langue et de leur culture en contexte d’inclusion.
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