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Mobilliser la « pédagogie Montessori » en classe « ordinaire », une alternative à l’école publique française ?

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Anne-Claudine Oller : Université Paris-Et Créteil Val-de-Marne

Résumé de la communication

Plus de soixante-dix ans après le décès de Maria Montessori, la référence montessorienne connaît, en France, un étrange renouveau, voire un véritable éclat, comme en témoigne le succès médiatique de l’ouvrage Les lois naturelles de l’enfant de Céline Alvarez. Si la pédagogie Montessori n’est pas nouvelle, sa pénétration dans des classes ordinaires françaises semble beaucoup plus récente et s’échelonne sur un continuum allant de son instillation dans les pratiques pédagogiques ordinaires d’enseignant.e.s d’écoles publiques, à l’organisation de groupes de formation hors de l’éducation nationale cherchant à mettre en œuvre des pédagogies néo-montessoriennes.

En nous appuyant sur une enquête auprès de 10 professeur.e.s des écoles mettant en œuvre des pratiques inspirées de la pédagogie Montessori et de l’analyse ethnographique d’une association promouvant le développement de la pédagogie Montessori en écoles publiques, nous nous proposons de mettre en évidence en quoi le recours à ces pédagogies interroge la « forme scolaire » traditionnelle (Vincent, 1994) et, dans le contexte spécifique de l'école maternelle française, en quoi il peut être lié à une volonté de lutter contre sa « primarisation » (Garnier, 2016 ; Millet et Croizet, 2016).

Résumé du colloque

Dès la fin du XIXe siècle, la volonté de dépasser la tradition pédagogique en place dans les institutions scolaires engendre le mouvement des écoles nouvelles, porté par de grands pédagogues tels que Tolstoï, Dewey, Montessori, Ferrer, Claparède, Neil et Freinet. Au Québec, le mouvement des écoles alternatives apparaît au sein du système scolaire public à l’ouverture de l’école Jonathan en 1974 (RÉPAQ, 2008). Parallèlement, la pratique millénaire de l’apprentissage en famille (homeschooling) prend de l’expansion en Amérique du Nord et en Europe depuis la seconde moitié du XXe siècle (Gaither, 2008).

Aujourd’hui, en France, les écoles nouvelles connaissent un regain d’intérêt (Viaud, 2017). Les enseignants des écoles publiques sont de plus en plus nombreux à déclarer utiliser les pédagogies « nouvelles » : ils intègrent la pédagogie Montessori au sein d’écoles maternelles; ils appliquent la pédagogie coopérative (Freinet) dans leur classe; ils œuvrent dans des écoles membres de la Fédération des établissements scolaires publics innovants. Au Québec, le Réseau des écoles publiques alternatives témoigne également d’un nouvel élan, une vingtaine de projets de nouvelles écoles s’ajoutant aux 45 établissements existants (Conseil supérieur de l’éducation, 2016; Pion, 2016). De plus, la popularité grandissante de l’apprentissage en famille pousse les gouvernements à revoir leur législation pour préciser le rôle des instances publiques eu égard à cette forme d’éducation, notamment en France en 2016 (décret n° 2016-1452), au Québec en 2017-2018 (projet de loi no 144 et décret 644-2018) et en Suisse, où le canton de Vaud a récemment annoncé cette intention (Rippstein, 2018).

Encore peu étudiés dans la francophonie, ces mouvements éducatifs alternatifs doivent être mieux connus, compris et scientifiquement appuyés. En effet, ils soulèvent plusieurs questions pédagogiques, sociales et de gouvernance. De plus, leur étude présente des défis conceptuels et méthodologiques particuliers.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 30 mai 2019

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