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Gina Thésée : UQAM - Université du Québec à Montréal
Promue par l’UNESCO dans l’« Agenda Éducation 2030 », l’« Éducation à la Citoyenneté mondiale » (ÉCM) demeure encore peu développée dans la recherche en éducation. « [l’ÉCM] vise à inculquer aux apprenants les valeurs, attitudes et comportements qui sont à la base d’une citoyenneté mondiale responsable » (UNESCO, 2015). L’ÉCM se veut donc une réponse axiologique aux grands défis du 21e siècle en proposant des principes et valeurs de paix, respect des droits humains, justice sociale et environnementale, humanité, diversité. L’ÉCM se veut également une réponse pédagogique à ces défis; les apprenantEs de tous âges sont invitéEs à réfléchir, partager et agir, en solidarité avec diverses populations du monde aux échelles locale, nationale et globale. À partir des thèmes interreliés de la Chaire UNESCO en Démocratie, Citoyenneté mondiale et Éducation transformatoire (DCMÉT), nous proposons l’ÉCM comme une réponse épistémologique aux grands défis du 21e siècle en explorant un volet moins fréquenté, celui du « dialogue des savoirs ». Quelles sont les im/possibilités de tenir ce nécessaire dialogue des savoirs dans le cadre d’une ÉCM, en vue d’un mieux-vivre-ensemble-sur-terre? Les réponses à cette question se déploient en trois axes : i) la politique des savoirs; ii) la critique des savoirs; iii) l’éthique des savoirs. L’exploration conduit à complexifier l’ÉCM en une « Éducation critique aux ÉcoCitoyennetés mondiales » selon la perspective de « mondialité » d’Édouard Glissant.
L’année 2019 est déclarée « année internationale des langues autochtones » par l’ONU. Cette initiative fait écho à sa résolution sur les droits des peuples autochtones ainsi qu’aux valeurs de l’UNESCO et à sa mission éducative via l’Agenda 2030. Elle vise « la protection des droits humains, la consolidation de la paix et du développement durable, en assurant la diversité culturelle et le dialogue interculturel » (ONU, 2016). Dans ce contexte mondial, et en écho au thème du Congrès 2019 de l’ACFAS, deux Chaires UNESCO organisent un colloque conjoint sous le signe de l’éducation transformatoire par le dialogue : la Chaire UNESCO en « transmission culturelle chez les premiers peuples dans une dynamique de mieux-être et d’empowerment » (TCPPDMEE) de l’UQAC et la Chaire UNESCO en « démocratie, citoyenneté mondiale et éducation transformatoire » (DCMÉT) de l’UQO. L’Outaouais est fortement marqué par la présence autochtone, dont celle des Algonquins qui, d’ailleurs, n’ont jamais cédé leur souveraineté sur ce territoire. À Gatineau, le musée de l’histoire est l’œuvre de l’architecte autochtone Douglas Cardinal. Des initiatives témoignent de la transformation des relations entre Autochtones et Allochtones dans plusieurs domaines : arts, éducation, littérature, gouvernance, mouvements sociaux et médias. Or, on constate actuellement une forte résistance (populaire, politique et médiatique) face à la diversité. Des discours xénophobes sont exprimés ouvertement contre les peuples autochtones, les communautés racisées et les mouvements migratoires. Notre but est d’aborder ces enjeux liés à la persistance systémique des racismes, des colonialismes, des injustices et des inégalités sociales. Le colloque réunira divers acteurs sociaux, autochtones et allochtones, pour un dialogue contre-hégémonique mené dans un esprit de conciliation, sur la diversité des identités et des citoyennetés, selon trois axes thématiques : langues et cultures, savoirs et pratiques de transmission, et mouvements sociaux.
Titre du colloque :