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Penser la citoyenneté et la participation sociale des femmes âgées à l’aune du travail du care : enjeux et perspectives

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Isabelle Marchand : UQO - Université du Québec en Outaouais

Résumé de la communication

Dans le contexte occidental de néolibéralisation des politiques publiques, les politiques d’activation de la vieillesse enjoignent les personnes âgées à demeurer des citoyens actifs et citoyennes actives, participant à toutes les sphères de la vie sociale. Or, tant les référentiels politiques du vieillir actif que les concepts de la citoyenneté et de participation ne sont pas asexués. Si d’hier à aujourd’hui, le travail de care est au cœur des débats concernant la citoyenneté des femmes, elle résonne particulièrement pour les femmes âgées au regard de l’économie politique contemporaine du vieillissement actif. À partir d’analyses empiriques issues de travaux doctoraux ainsi que de résultats préliminaires d’une recherche en cours, cette communication vise à discuter des divers enjeux entourant la citoyenneté des femmes âgées, leur participation sociale et politique, en lien avec le travail de care qu’elles accomplissent au sein de divers lieux (sphères privées et de proximité, organisations et communautés) et auprès de divers acteurs.

Résumé du colloque

La question du care fait l’objet d’un nombre croissant de travaux en sciences humaines et sociales. La notion fait également l’objet de débats sur le plan de sa conceptualisation (Bourgault et Perreault, 2015) et de ses enjeux au sein des milieux féministes de recherche et de pratique. Cet intérêt peut s’expliquer, d’une part, par la croissance des besoins de services attribuable à une plus grande longévité de la population et, d’autre part, par les restructurations néolibérales des services publics. L’intensification du travail de care réalisé dans le cadre des services publics (Bourque et Grenier, 2016) se conjugue avec son externalisation, malgré la complexification des soins. Ainsi le travail de care se réalise-t-il de plus en plus sous l’égide de prestataires privés gérant une panoplie de formes d’emploi déqualifié et précaire (Boivin, 2017). Le retrait de l’État social accroît aussi la charge pour les personnes proches aidantes s’occupant de personnes âgées, d’enfants ou d’adultes vivant avec un handicap. Elles doivent souvent déployer des compétences habituellement détenues par le personnel professionnel du réseau public de la santé et des services sociaux (Des Rivières-Pigeon et Courcy, 2014). Ce sont encore majoritairement des femmes qui réalisent ce travail de care intensifié, dévalué et socialement assigné, dont des femmes racisées et migrantes qui peuvent vivre des situations de travail non libre (Galerand et Gallié, 2018) et des désavantages structurels résultant des rapports Nord-Sud et des politiques migratoires (Blackett, 2011). Ces transformations du travail de care posent avec acuité l’enjeu de la division sexuelle, raciale et internationale du travail (Damamme et Hirata, 2017; Nakano Glenn, 2009), de même que celui de la capacité d’action collective des travailleuses du care. Ce colloque vise le partage et la diffusion des résultats de recherche de chercheuses et d’étudiantes ayant entamé une réflexion interdisciplinaire sur le travail de care et ses objets connexes au chantier de recherche Travail (domestique, professionnel, militant et ses divisions) du Réseau québécois en études féministes (RéQEF).

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 30 mai 2019

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